L'étang de baignade : un plongeon dans la nature

Voilà plusieurs années que les piscines classiques font face à la forte concurrence des étangs de baignade. Les différences entre les deux tendent d’ailleurs à s’estomper. Alors qu’autrefois l’étang de baignade présentait des formes organiques, il est bien plus épuré et élégant aujourd’hui et bénéficie des mêmes matériaux de finition que les piscines classiques. Certains propriétaires vont même jusqu’à séparer totalement la zone de filtrage de la zone de baignade. Du coup, un profane ne s’apercevra pas que la piscine est en fait un étang. Néanmoins, les deux concepts restent très différents. Voici quelques points d’attention qu’il vaut mieux garder à l’esprit.

1. Construction et étanchéité

En ce qui concerne la ‘cuve’, tout est quasiment envisageable : une simple fosse creusée dans le jardin avec une épaisse couche d’argile, une construction d’étang traditionnelle, une cuve préfabriquée en aluminium, en acier inoxydable ou en polyester voire encore une solide cuve en béton fabriquée sur mesure.

Une membrane en EPDM est la solution la plus courante pour assurer l’étanchéité. C’est un matériau élastique, résistant aux rayons UV, entièrement recyclable et qui possède une longue durée de vie. Le seul inconvénient est sa couleur : l’EPDM n’existe qu’en noir. On ne peut d’ailleurs pas parler de réel inconvénient car un étang de baignade noir s’intègre parfaitement dans le jardin, l’environnement se reflétant à sa surface. Sans compter que le noir absorbe les rayons du soleil ce qui   contribue à réchauffer l’eau.

Outre l’EPDM, on peut également utiliser le TPO et dans une moindre mesure le PVC, mais leurs performances sont moins intéressantes. La fabrication et la transformation du PVC ne sont pas vraiment écologiques et si le TPO est plus performant sur le plan environnemental, il est difficile à travailler.

2. Filtre végétal

En règle générale, un étang de baignade se compose de deux parties distinctes, l’une dédiée à la baignade et l’autre au filtre naturel. Le filtre naturel est rempli de pierres – le substrat – et de plantes aquatiques. Une pompe envoie l’eau de la partie baignade vers le filtre. Deux méthodes sont utilisées : de haut en bas (downflow) ou, à l’inverse, de bas en haut (upflow). Dans les deux cas, une première filtration grossière est effectuée soit par les plantes (downflow), soit par les skimmers (upflow). Ensuite, les racines des plantes, les bactéries et les micro-organismes bénéfiques opèrent une filtration beaucoup plus fine. L’eau de l’étang est filtrée ainsi quatre à cinq fois par jour.

Conseil : Si les zones de baignade et de filtration sont l’une à côté de l’autre, placez la zone de filtration dans la direction nord-est pour que le vent souffle les saletés vers elle. Ce n’est pas une obligation. Vous pouvez également séparer complètement les deux zones avec l’inconvénient que vous devrez pomper l’eau vers et depuis la zone de filtration.

Outre les dimensions du filtre végétal – d’un quart à un tiers de la surface totale de l’étang de baignade – et la puissance de la pompe, le substrat est également important. La plupart des constructeurs préconisent de la pierre de lave, une petite pierre percée d’une multitude de trous microscopiques qui offrent une excellente surface d’accroche aux bactéries et sur laquelle l’eau s’écoule facilement. Les plantes jouent également un rôle important. L’iris jaune, en particulier, est extrêmement utile. Ne vous limitez pas à une seule espèce, combinez-en plusieurs. Certaines plantes absorbent des saletés que d’autres sont incapables d’absorber. Le cresson, par exemple, filtre les métaux lourds présents dans l’eau.

Bon à savoir

Ne vous inquiétez pas si l’eau devient verte au cours des premiers jours ou des premières semaines. Un étang de baignade a besoin de temps pour trouver son équilibre écologique. Tant que les bactéries et les plantes filtrantes ne sont pas pleinement actives, les algues peuvent encore se développer. N’utilisez en aucun cas de produits chimiques.

3. Entretien

Un étang de baignade ne nécessite pas énormément d’entretien : pour faciliter l’écoulement de l’eau, il faut enlever les feuilles mortes et autres débris du filtre végétal deux fois par an. C’est un travail simple et rapide. Pensez également à tailler les végétaux. Le nettoyage complet du filtre et la coupe des plantes mortes se font de préférence au printemps. Pour que l’eau reste claire, il faut que la quantité de nutriments organiques soit aussi faible que possible, ce que vous faites en enlevant les feuilles mortes et les substances qui s’accumulent sur le fond.

Vous pouvez également couvrir l’étang avec une bâche ou un volet lorsque vous ne l’utilisez pas : vous éviterez ainsi que des déchets tombent dans l’eau et, en privant les algues filamenteuses de lumière, vous empêcherez leur développement. Sans compter que l’eau conservant une température plus élevée, vous ralentissez le phénomène d’évaporation.

Vous trouverez ici d’autres conseils pour l’entretien de votre étang de baignade.

4. Chauffage

En règle générale, les étangs de baignade ne sont pas chauffés. En effet, une température trop élevée a un impact sur la qualité de l’eau (apparition d’algues) et sur la teneur en oxygène (important si vous avez des poissons). Il est préférable de prévoir une membrane en EPDM noire qui absorbe les rayons du soleil et retient la chaleur et, éventuellement, une zone peu profonde qui se réchauffera plus rapidement. Investissez également dans une bâche ou un volet pour empêcher la chaleur de s’échapper. Si cela ne suffisait pas, vous pouvez toujours envisager l’installation d’un chauffage (capteurs ou tapis solaires, pompe à chaleur, etc.), mais sachez que ce ne sera pas sans conséquences. En effet, si vous chauffez l’eau à une température supérieure à 25 °C, vous devrez prévoir un système de filtration supplémentaire car, à cette température, les plantes aquatiques perdent leurs propriétés purificatrices. Mais dès lors que vous investissez dans des systèmes supplémentaires (chauffage, filtre...), on est au-delà du concept d’un étang de baignade naturel.

Le filtre végétal idéal

  • Iris jaune ou iris des marais (Iris pseudacorus) : 80 à 120 cm, fleurs jaunes, mai à juin, 7 à 9 pl./m²
  • Rubanier d’eau (Sparganium erectum) : 60 à 120 cm, fleurs blanc crème, juin à septembre, 3 pl./m²
  • Roseau odorant (Acorus calamus) : 60 à 80 cm, discrètes fleurs vertes, juin à juillet, 5 à 7 pl./m²
  • Véronique des ruisseaux (Veronica beccabunga) : 20 à 40 cm, fleurs bleues, mai à septembre, 7 à 9 pl./m²
  • Pesse vulgaire (Hippuris vulgaris) : 20 cm, petites fleurs vertes, juin à août, 3 pl./m²
  • Cresson d’eau (Rorippa nasturtium-aquaticum) : 10 à 20 cm, petites fleurs blanches, mai à octobre ; 20 à 25 pl./m²

Le coût ?

Si vous pensez qu’un étang de baignade est moins cher qu’une piscine traditionnelle, vous risquez fort de déchanter. Les prix vont de 20 à 60.000 euros. Pour le prix de base, vous disposez d’un bassin de 8 m sur 4 avec de classiques murs en briques, d’une membrane en EPDM et d’un filtre downflow (pompe). Ensuite, la facture peut grimper allègrement.

Si vous optez pour un filtre upflow, comptez 2 à 3.000 euros de plus. Les formes organiques font également grimper le prix. Pour un système de chauffage, multipliez le prix par deux car vous devrez vous équiper d’une pompe à chaleur, d’un volet et, éventuellement, d’une autre membrane. Sans oublier le coût supplémentaire sur votre facture d’électricité… Comme pour une piscine classique, vous choisissez en fonction de vos moyens financiers.

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