En images : À l’abri des regards

Cachée derrière des maisons de rangée dans un quartier animé de la commune bruxelloise de Saint-Gilles, la maison de l’architecte Wissam Salim contraste avec son environnement par le calme qui y règne. Derrière la porte cochère, une cour bucolique mène à la bâtisse que le professionnel a rénovée en grande partie lui-même, avec patience et détermination.

Quand le fondateur du bureau d’architecture OF7 le déniche, ce bâtiment arrière, construit en 1875, se compose d’un ancien atelier au rez-de-chaussée et d’un logement en bon état aux étages. Implanté en intérieur d’îlot, on y accède par une petite cour longée par une annexe vieillotte. Le commerce à rue, jadis occupé par une boucherie chevaline, disposait d’une arrière-boutique installée dans l’actuelle maison de l’architecte.

De bas en haut

Objectif premier du projet ? Créer une base solide. Les travaux ont ainsi commencé au sous-sol où la structure existante, couverte de voussettes en briques, a été renforcée pour supporter une nouvelle dalle de sol en béton coulé. Pour dégager la zone qu’il occupait le long de la façade avant, l’escalier d’origine vers la cave a été remplacé par un nouvel escalier d’angle implanté contre le mur du fond, dans la prolongation de la circulation principale. La volée en bois existante n’a pas été supprimée, mais obturée par une trappe en bois amovible qui offre, si nécessaire, un large et pratique accès au sous-sol. 

La pièce maîtresse

Planté au milieu du décor, l’escalier d’origine a disparu au profit d’un ouvrage en béton et bois logé derrière la cuisine, pour libérer l’espace. Dans ce plateau ouvert au sol anciennement paré de briques sur chant, les fonctions de vie s’installent désormais sur une chape en béton lissé coulée sur des panneaux isolants.

Relativement sombre à l’origine, car muni d’une seule percée vers l’extérieur (la double porte d’entrée), le rez-de-chaussée a été agrémenté d’une nouvelle baie en façade avant. Pour ce faire, l’architecte a réduit la profondeur de l’annexe autrefois prolongée jusqu’à la construction arrière, libérant ainsi un pan de façade qui s’ouvre désormais sur une terrasse à l’abri des regards. Munie d’un grand châssis coulissant derrière le mur, l’ouverture est entourée d’un cadre en acier Corten qui souligne son aspect contemporain tout en gérant le raccord avec le parement de façade existant. Afin d’augmenter encore la luminosité de la pièce tout en gardant son aspect authentique, les murs en briques d’origine sont peints en blanc.

Le béton à l’honneur

Fasciné par ce matériau de construction, l’architecte se lance lui-même dans la réalisation de la base du nouvel escalier qui se prolonge en plan de travail dans la cuisine. Les marches coulées sur place ont été parachevées par une couche de béton lissé, comme le sol, tandis que le panneau de coffrage a donné sa finition miroir à la tablette de cuisine. Un sacré dispositif est nécessaire pour assurer la stabilité de ce poids lourd. Celui-ci repose, d’un côté, sur l’escalier et, de l’autre, sur un retour vertical en béton, chacun relié par une console métallique fixée au mur. Cachés derrière les panneaux des meubles, deux murets en maçonnerie jouent également le rôle de supports intermédiaires.

Un labo expérimental

Offrant un subtil dégradé de couleurs, la crédence de la cuisine s’assortit au béton et aux portes d’armoires colorées. Fan d’expérimentations, c’est le concepteur du projet qui a posé lui-même les carrelages. Pour assurer le résultat, l’ouvrage a d’abord été disposé au sol avant d’être collé au mur. Ainsi aguerri au métier de carreleur, l’architecte a transformé la douche des enfants en rouge et noir avec des zelliges aux murs et des dalles de schiste au sol. Last but not least, la salle d’eau parentale s’est ornée de carreaux blancs au look rétro, mis en valeur par le contraste des joints noirs.

Sous les toits

Outre sa salle de douche, le dernier étage dédié aux parents a récemment fait l’objet d’un lifting complet pour offrir plus qu’une chambre à coucher. Partitionné par du mobilier sur mesure, le volume sous toiture propose des fonctions distinctes mais communicantes, qui laissent apparaître la belle charpente en bois. L’espace de nuit est ainsi agrémenté de zones bureau, salon ou bibliothèque, installées sur un nouveau plancher isolé. Profitant de la remise à neuf de la couverture en tuiles, la toiture a été isolée par l’extérieur avec des panneaux rigides, et les fenêtres de toit ont été repositionnées de façon optimale. La laine minérale déjà placée entre chevrons et la finition intérieure du plafond ont été maintenues.

En bonus

Pour compléter le projet, un bâtiment indépendant abritant une chambre et son sanitaire s’érige en partie sur les traces de l’ancienne annexe. Il s’agit d’une construction neuve parfaitement isolée, surmontée d’une toiture verte dont profitent les habitants de la maison arrière. Actuellement occupée par l’aîné de la famille qui prendra bientôt son envol, elle pourrait servir de chambre d’hôte, de bureau d’appoint ou, bientôt, de cocon pour les deux plus jeunes.

L’annexe s’ouvre sur un espace extérieur pavé rendu perméable grâce à la suppression de l’ancienne dalle de sol en béton. À l’abri des regards, la zone arrière de la cour offre une terrasse cosy baignée de soleil et de fleurs. Ses dalles sur plots en pierre bleue de finition brut de sciage sont animées de quelques éléments en croûte de pierre à l’aspect brut et naturel. De quoi ajouter un cachet authentique à ce petit havre de paix en pleine ville.

Réalisation : OF7
Texte : Marie Delooz
Photos : Laurent Brandajs
Découvrez le reportage complet dans Je vais Construire nr. 445.

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