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Les erreurs de construction: isolation de la coulisse du mur creux

Photo Rockwool Belgium nv
  

Une bonne isolation du mur constitue la garantie d'un climat intérieur frais en été et d'un confort thermique en hiver. Une isolation de 10 cm d'épaisseur permet de réduire les déperditions calorifiques d'un facteur 5. Le placement incorrect ou inconsistant du matériau d'isolation risque cependant de réduire considérablement ce gain sur le plan énergétique. Martin Hestermans de Rockwool met donc le doigt sur quelques erreurs fréquemment commises.

  1. Absence d'isolation sous l'étanchéité au pied du mur
    Juste au-dessus du niveau de remblayage, une membrane d'étanchéité est placée dans le mur creux, laquelle servira à évacuer vers l'extérieur l'éventuelle humidité du creux (provenant essentiellement des averses) au travers des joints ouverts laissés entre les briques de la maçonnerie extérieure (environ deux par mètre courant). La zone située sous cette membrane est parfois mal isolée, voire pas du tout. De cette manière, il y a apparition d'un pont thermique horizontal sur tout le pourtour de l'habitation. À l’intérieur de l'habitation, cela signifie que la zone située au-dessus du sol est nettement plus froide et plus humide. À terme, ceci peut occasionner la formation de moisissures.

  2. Absence d'isolation de divers raccords
    L'"oubli" de certains raccords lors de l'isolation provoque des ponts thermiques et donc des déperditions calorifiques. Dans les angles, par exemple, où l'isolation doit être continue et de préférence être placée par assemblage ou encore autour des portes et fenêtres. Pour travailler le plus rapidement possible, l'on néglige de placer la bande additionnelle, de sorte que des fissures et ouvertures ne sont pas isolées. Lorsque les matériaux de construction alternent, il convient d'utiliser à certains endroits une épaisseur d'isolation plus grande ou plus petite selon le type de matériau.

  3. Les panneaux isolants ne sont pas jointifs
    L'isolation doit présenter une belle surface plane et homogène. Autrement dit, tous les panneaux doivent être parfaitement jointifs. La laine minérale ne présente aucun mouvement, si bien qu'en été comme en hiver, les joints restent étanches et les panneaux sont simplement placés l'un contre l'autre. Les panneaux synthétiques présentent quant à eux des mouvements de retrait et de dilatation, si bien que pour une isolation de coulisse, ces panneaux présentent un système d'assemblage à tenons et mortaises. Pourtant, l'on constate parfois que l'assemblage des panneaux d'isolation présente des fentes. Lorsque par exemple le mur est un peu trop long de quelques centimètres et que la pièce d'assemblage est trop courte par exemple. Le remède est pourtant simple: travailler avec un dernier demi-panneau.

  4. Crochets et clips de la coulisse mal placés
    Dans un mur creux, il y a toujours des crochets, même si le creux ne doit pas être isolé. Ils servent à fixer la maçonnerie relativement mince à la maçonnerie intérieure stable. Dans les murs creux isolés, les crochets ont une fonction supplémentaire et servent également à fixer l'isolation. Ils doivent être placés à l'horizontale ou de manière inclinée vers l'extérieur.
    Et pas l'inverse, sinon l'eau de la coulisse risque de glisser vers le mur intérieur. S'il s'agit de crochets avec casse-goutte, ils doivent être inclinés vers le creux qui reste. En guise d'alternative à ceux-ci, les crochets droits avec casse-goutte sur le clip offrent plus de liberté dans la mise en œuvre. Prévoir suffisamment de crochets (au moins 5 par mètre carré et/ou 3 par panneau), également sur les pièces d'assemblage. Les crochets en acier inoxydable ont nettement la préférence sur les crochets en acier galvanisé, puisqu'ils permettent d'éviter les problèmes de rouille à long terme.

  5. Restes de mortier dans la coulisse
    Auparavant, une latte était traditionnellement tirée vers le haut au fur et à mesure de la construction du mur creux. Mais, cette méthode est malheureusement de moins en moins fréquente. Cette latte évite que du mortier n'aboutisse dans la coulisse sur la membrane d'étanchéité ou ne reste accroché sur les crochets, où il y a un risque de ponts thermiques et humides.

  6. Bavures de mortier non éliminées
    Dans le creux, l'isolation doit être parfaitement jointive avec la maçonnerie intérieure. Dans le cas contraire, un “faux creux” risque de se former. En raison de la différence de température entre le 'faux' et le 'vrai' creux (entre l'isolation et la maçonnerie extérieure), il se produit une traction thermique, ce qui entraîne bien entendu une perte de rendement de l'isolation. Les bavures de mortier (qui se forment lorsque l'on presse les briques entre elles) peuvent présenter une épaisseur de quelque 2 cm. Si elles ne sont pas éliminées, un faux creux est inévitable. Il suffit de les enlever d'un simple mouvement de truelle.

  7. Les membranes d'étanchéité forment une 'poche'
    Non seulement au 'pied' du creux au niveau du terrain (voir point 1), mais aussi au-dessus des portes et fenêtres, une membrane d'étanchéité est placée dans le creux en combinaison avec des joints ouverts (environ deux par mètre courant). Si cette membrane n'est pas bien tendue, il y a un risque de formation d'une poche dans le creux où s'accumule l'eau. La membrane doit être bien tendue dans la maçonnerie à côté des portes et fenêtres et recouvrir les extrémités d'un relevé.

  8. Maçonnerie non protégée à la fin de la journée
    Lorsque l'on quitte le chantier, le creux encore ouvert doit être recouvert pour le protéger d'éventuelles averses. Ceci permet non seulement d'assurer une bonne qualité d'isolation, mais aussi d'éviter la formation d'humidité de construction inutile. Si la maçonnerie n'est pas recouverte, la maçonnerie intérieure devient également humide, de sorte qu'il faudra plus de chauffage et de temps pour assécher la construction.

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