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Regain d’intérêt pour les matériaux naturels

Dans un contexte visant l’amélioration constante de l’efficacité énergétique des bâtiments, l’importance de l’isolation n’a cessé de croître ces dernières années. Une isolation thermique et une étanchéité à l’air de qualité sont les prérequis d’une maison efficace. Face à une majorité de matériaux issus de la pétrochimie et, par conséquent, artificiels et difficiles à recycler, les isolants naturels méritent toute notre attention.

1. Cellulose

La cellulose (ouate de papier recyclé) est l’un des matériaux recyclés les plus fréquemment utilisés. À l’instar de la laine de verre, elle est insufflée ou projetée en vrac pour l’isolation des toitures, sols ou murs. Elle est également disponible sous forme de matelas ou panneaux d’isolation, qui conviennent particulièrement bien pour les applications acoustiques, par exemple dans des parois de séparation entre différentes pièces.

2. Paille

De manière générale, la paille est un bon isolant, avec un impact faible, voire positif, sur l’environnement. La paille étant un « matériau résiduel » dont on regorge, sa production ne réclame pas d’énergie supplémentaire. Pourtant, elle doit faire face à plusieurs préjugés tenaces. « La paille est perçue comme un matériau très inflammable, ce qui n’est pas du tout le cas, explique Maarten Van der Linden de BAST Architects & Engineers. Elle doit toutefois être bien compactée. »

« On pense aussi à tort qu’il faut toujours utiliser des ballots, ce qui entraîne systématiquement des murs très épais. Ce n’est pas vrai non plus. Par ailleurs, un mur en ballots de paille peut être parachevé avec une simple couche d’argile, pour afficher au final une épaisseur d’environ 40 cm, soit l’équivalent d’un mur creux classique avec briques de parement. »

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isolation de cellulose

La cellulose est l’un des matériaux recyclés les plus fréquemment utilisés.


© Ecostore  

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Elle est insufflée ou projetée en vrac pour l’isolation des toitures, sols ou murs.

Photo Isolteam
  

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Un mur en ballots de paille peut être parachevé avec une simple couche d’argile.


© Peter Vos- Architectengroep Barchi  

3. Herbe

Outre la paille, l’herbe fait également beaucoup parler d’elle comme isolant naturel. « Ces dernières années, plusieurs instituts de recherche belges et néerlandais ont conjugué leurs forces pour examiner les méthodes d’utilisation des tontes provenant, par exemple, de réserves naturelles. Pour optimiser cela, ils ont développé une nouvelle méthode de tonte et de collecte. Avec Gramitherm, nous avons même depuis peu une usine belge, qui valorise l’herbe comme matériau d’isolation : la laine d’herbe. Celle-ci possède les mêmes qualités techniques que la laine de chanvre, par exemple, mais elle est plus locale et circulaire. Le processus se déroulant dans un rayon de 200 km, cette technique est vraiment unique », souligne Rein De Pooter d’Ecomat, firme spécialisée dans les matériaux de construction écologiques.

4. Chaux-chanvre

Le mélange de chaux et de chanvre forme un matériau qui profite déjà d’une plus grande « expérience » dans le secteur. La valeur isolante du chaux-chanvre est un peu inférieure à celle de la paille mais sa régulation de l’humidité est meilleure. Ce matériau est dès lors idéal pour l’isolation de murs intérieurs, tant en nouvelle construction qu’en rénovation. Le chaux-chanvre se compose d’un mélange de chaux brûlée et de copeaux de chanvre.

Puisque le chanvre peut être récolté jusqu’à quatre fois par an sur un même lopin de terre, il absorbe beaucoup de CO2 dans l’air. En outre, il peut être utilisé pour l’isolation complète du mur. Il n’est donc pas nécessaire de prévoir une couche d’isolation additionnelle. Du fait de la compression du chanvre dans le processus de fabrication, il présente une belle structure et peut se passer d’une finition supplémentaire. Vous pouvez toutefois le recouvrir d’un enduit à la chaux ou à l’argile, ou le parachever avec des plaques de plâtre ou des panneaux de bois.

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Le mélange de chaux et de chanvre forme un matériau qui profite déjà d’une plus grande « expérience » dans le secteur.


© Ecostore  

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Ce matériau est dès lors idéal pour l’isolation de murs intérieurs, tant en nouvelle construction qu’en rénovation.


© Cedric Verhelst / PUUR Bouwen  

5. Coquillages

Aux Pays-Bas, les coquillages sont surtout utilisés pour l’isolation des vides ventilés. Lors d’une rénovation, ils peuvent être déversés à même le sol ; ils peuvent ainsi parfaitement remplacer un isolant posé sur un lit de sable. « Les coquillages sont déversés pour former une couche de 32 cm. Si la nappe phréatique vient à monter, elle ne montera pas de plus de 10 centimètres, grâce aux qualités de drainage des coquillages. Les autres 20 cm font alors office de couche isolante, explique Rein De Pooter. Vous pouvez recouvrir les coquillages de panneaux en liège et d’une chape, ou directement d’une chape classique. »

« Les coquillages se récupèrent en outre très facilement. Une solution pratique si vous construisez, par exemple, un salon de jardin dont l’emplacement n’est pas définitif. Les coquillages permettent aussi de protéger le bas des murs extérieurs en extrayant l’humidité capillaire due à l’absence de barrière d’étanchéité en pied de mur. En les combinant avec une isolation adéquate des murs, par exemple avec du chaux-chanvre, vous assurez une protection parfaite du bâtiment », conclut l’expert.

6. Nouveautés

Plusieurs nouveaux venus font leur apparition dans cette quête de matériaux plus locaux et recyclés. « Nous examinons actuellement comment collecter des jeans via les magasins de seconde main anversois, pour en faire de l’isolation, poursuit Rein De Pooter. Pour ce faire, nous désagrégeons le tissu et nous en extrayons les mauvaises fibres (les plus courtes). Nous pouvons ainsi proposer notre propre matière première pour une isolation en jeans à l’usine établie dans le Nord de la France. »

Et d’ajouter : « Nous examinons aussi comment utiliser les arbres provenant du défrichage de la liaison Oosterweel comme matière première pour une isolation en fibres de bois, ou encore les granulés issus de bouchons en liège. Ces granulés présentent de bonnes qualités acoustiques et une excellente isolation thermique dans l’environnement plutôt humide d’un mur creux, puisque le liège n’absorbe pas l’humidité. De manière générale, nous essayons de combiner au maximum le circulaire et l’écologique. »

Au cours des prochaines années, nous assisterons fort probablement à l’arrivée d’autres nouveaux matériaux, ce qui ne fera qu’accroître l’offre. Cette grande diversification est essentielle car il est moins aisé de fabriquer des matériaux naturels à grande échelle. Cette diversification permet simultanément une utilisation rationnelle maximale de toutes sortes de résidus.

 

Source : Je vais Construire 

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