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Comment isoler son toit sans sous-toiture ?

Isoler votre toit est la première étape vers une maison écoénergétique. Mais que faire s’il n’y a pas de sous-toiture et qu’isoler le sol ne fait pas partie des options ? David Verhoeven, expert chez Isolatie Verhoeven, et Hendrik Snauwaert, de chez Isolteam, nous donnent leur point de vue.

Sans tuiles?

Section transversale d’une toiture isolée. Du côté chaud, un pare-vapeur (1), une isolation laine (2), un sous-toit (3) et la couverture de toit (4).


  

La réponse semble simple: construire une sous-toiture et isoler ensuite. Mais la sous-toiture doit être posée par le côté extérieur de la toiture. Cela implique que vous retiriez tuiles et linteaux. Des heures de travail qui feront grimper la facture. Hendrik Snauwaert: "Si vous ne visez qu’une meilleure isolation, l’investissement ne vaut pas la chandelle. Cette approche, tout comme une toiture sarking, n’est envisageable que dans le cadre d’une rénovation lourde: si vous envisagez une nouvelle couverture de toit ou de renouveler la structure du toit en tant que telle."

Ce grenier est couvert de plaques d’isolation dures.


  

Deux solutions intermédiaires

Selon Snauwaert, il existe deux solutions intermédiaires. Option un: un ersatz de sous-toiture. Option deux: travailler avec des plaques d’isolation dures.

Un ersatz de sous-toiture

Ersatz signifie ici ‘moyen de substitution'. "Ce film perméable à la vapeur est installé en lieu et place d’une vraie sous-toiture du côté intérieur de votre structure de toit. Il s’agit ensuite d’une construction traditionnelle: viennent par-dessous une isolation laine et un pare-vapeur."

Des plaques d'isolation dures

Tenez compte de la finalité de votre grenier lors du choix de votre méthode d’isolation.

Photo Maisons Blavier
  

"L’alternative réside en des matériaux isolants durs sous forme de plaques tels que PUR ou PIR. Elles peuvent être utilisées en combinaison avec un ersatz de sous-toiture, mais ce n’est pas essentiel. Ces matériaux sont mieux armés contre l’humidité éventuelle que la laine. Ils ne nécessitent pas de pare-vapeur. La fixation et le rejointoyage suffisent."

Étanchéité?

"Une fois encore, c’est une solution intermédiaire", nuance Snauwaert. "Elles n’offrent pas de garantie à 100% sur l’étanchéité. Même pas un ersatz. Il est question de mener autant que possible l’eau tombant sur cette surface vers les gouttières. Ce n’est certainement pas évident. Un autre désavantage que la protection est rompue au niveau des faîtières."

Une fonction de grenier?

"Une infiltration d’eau limitée en cas de fortes intempéries n’est pas complètement exclue. Une sous-toiture complète posée sur le côté extérieur reste toujours la meilleure solution. Ces solutions intermédiaires permettent des coupes sombres dans votre facture énergétique jusqu’à la mise en place de votre toiture définitive. Tout dépend de la fonction finale de votre grenier. Pour les personnes qui y voient uniquement un espace de stockage, des plaques d’isolation devraient vous suffire quelques années."

L'état du toit?

Pour David Verhoeven, tout commence par une analyse de l’état du toit. "S’il n’est pas correct, vous devrez travailler la structure et/ou la couverture du toit. L’occasion de placer une sous-toiture."

Un ersatz n'est pas la solution

Pour David Verhoeven, isoler sans sous-toiture n’est pas une pierre d’achoppement. "Mieux vaut pas de sous-toiture qu’une sous-toiture qui ne serait pas imperméable."


  

David Verhoeven insiste sur l’importance du placement et l’attention portée aux détails.


  

"Si votre toit est en bon état, mais que vous n’avez pas de sous-toiture, je conseille toujours une isolation classique. Sans ersatz, car, à mes yeux, si celui-ci est utilisé comme film sous-toiture, il n’arrêtera pas les infiltrations d’humidité. Où et comment vous débarrasser de cette eau? Pour qu’elle s’écoule vers les gouttières, vous devez placer le film sur les faîtières et retirer la rangée inférieure de tuiles. Pour moi, c’est une solution fastidieuse et coûteuse qui ne donnera jamais un résultat optimal."

Le pare-vapeur est essentiel

"Raison pour laquelle je choisis une isolation traditionnelle. Sans sous-toiture, la qualité du placement est primordiale. Idem pour le pare-vapeur et une parfaite étanchéité intérieure au moment des finitions. Si l’ensemble de l’étanchéité est effectif, vous subirez moins d’infiltration d’humidité de par le fait que la puissance de la pression-décompression est moins importante. Je sais que cela va à l’encontre des principales théories sur le sujet, mais, en pratique, cela donne de meilleurs résultats", pense Verhoeven.

Combiner dureté et souplesse

Les plaques d’isolation dures sont aussi une option, mais selon David Verhoeven, elles doivent toujours être posées en combinaison avec une isolation laine. "Vous placez cette laine contre les chevrons faute de quoi vous ne protégez pas la structure de la toiture contre l’humidité. En effet, qu’arrive-t-il en cas d’infiltration ? L’eau s’écoule sur vos plaques, mais s’accumule au niveau des poutres transversales. Avec des dégâts possibles comme conséquence."

Éviter la condensation interne

"Cette laine agit également pour le remplissage du toit. Il est important que votre isolation soit aussi proche que possible de votre couverture de toit. Autrement, un puits d’air se créera. En hiver, un air humide soufflera sur le côté froid de votre isolation. Conséquence : de la condensation sur la partie inférieure de votre toit et une isolation gorgée d’eau. Vous éviterez cela en plaçant de l’isolant contre la couverture du toit et, d’autre part, en plaçant un bon pare-vapeur sur son côté intérieur", conclut David Verhoeven.


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