livios logo

Les maisons belges trop chères ?

Les maisons sont surévaluées. La bulle immobilière va exploser. Nous fonçons droit sur une crise immobilière. Chaque semaine, est publié un nouveau rapport ou une nouvelle étude sur les prix de l'immobilier en Belgique. Et vous, candidat bâtisseur, vous vous trouvez au beau milieu de tout ça à la recherche d'une maison. Faut-il céder à la panique ? Ne devez-vous pas reporter votre projet d'achat à plus tard ? Ou bien, au contraire, est-ce le moment pour passer à l'action ? L'avis de l'économiste pour le marché immobilier Frank Vastmans, Sybille Colin de l'organisation immobilière Century 21 et Luc Coene de la Banque Nationale.

Le point de vue de Sybille Colin de Century 21 est clair : "Une crise est précédée d'importantes fluctuations des prix. Ce n'est pas le cas ici en Belgique. Je ne m'attends donc pas à d'importantes corrections de prix."

Photo Century 21
  

La Banque Nationale estime que nos maisons sont surévaluées de 15 % en moyenne. Pour compenser d'éventuelles corrections de prix négatives, les banques se montrent plus strictes.

Photo
  

L'économiste pour le marché de l'immobilier Frank Vastmans : "Même si les prix des maisons étaient trop élevés, nous ne pourrions jamais emprunter autant que nous le faisons aujourd'hui."

Photo
  

"La Belgique n'est pas l'Amérique"

Un énième revirement est intervenu suite à communiqué du Fonds Monétaire International (FMI). Ils mettent en garde contre une crise immobilière et de sérieuses corrections de prix. Sybille Colin de Century 21 nuance quelque peu. "Le marché de l'immobilier est typiquement fait de hauts et de bas. Tant que ces fluctuations ne sont pas trop importantes, il y a peu de risque de crise. Contrairement à la Belgique, nous avons vu de loin arriver la crise immobilière aux États-Unis. Les fluctuations de prix étaient vertigineuses et l'offre et la demande étaient en total déséquilibre. Ce n'est pas le cas ici en Belgique. Je ne m'attends donc pas à d'importantes corrections de prix."

"Les investisseurs attendent probablement..."

Mais est-ce que les récents scénarios catastrophes dans les médias n'ont-ils pas influencé les candidats acquéreurs ? "Il y a une différence entre les investisseurs et ceux qui cherchent à acheter leur propre maison. Je peux très bien m'imaginer que les premiers se tiennent en retrait."

"... mais pas les futurs propriétaires"

"Dans le deuxième groupe, la demande reste toute aussi importante. Donc qu'est-ce qui est considéré comme trop cher ? Que signifie surévalué ? Seuls les acheteurs potentiels peuvent répondre à ces questions. Mais il y a toujours de nombreux amateurs. Sous l'influence notamment du taux d'intérêt historiquement bas. Et du marché locatif. Le choix entre louer et acheter est selon moi devenu plus facile si vous considérez la hausse des prix des loyers. Il y a certes une ombre au tableau : les banques sont plus exigeantes que jamais pour accorder des prêts."

"Casser le monopole des grandes banques"

Mais les acheteurs ont aussi trouvé la parade. "De plus en plus de nos clients s'adressent à des courtiers de crédits." Ce courtier est indépendant et propose donc des produits de différents organismes de prêt. Immotheker en est un exemple. "Conclure un prêt ne revient plus à se rendre dans une grande banque et à apposer sa signature au bas d'un document. Nos clients font leur shopping et comparent. Rendez-vous aussi dans de plus petites banques", conclut Colin.

"Maisons surévaluées de 15 %"

Je pense en effet que nos maisons sont surévaluées et qu'une correction de prix va intervenir : Luc Coene, gouverneur de la Banque Nationale. Selon la Banque Nationale, les maisons en Belgique sont surévaluées de 15 % en moyenne. "Cela signifie que des corrections négatives peuvent se produire", explique-t-il dans une interview avec Kanaal Z. "Et les banques risquent aussi d'en pâtir."

"Risque accru pour les banques"

Pour prévenir ce risque, elles doivent obligatoirement depuis janvier constituer une réserve supplémentaire de 5 %. Mais même si les banques ont renforcé leurs conditions d'octroi de prêts logement, de nombreux Belges empruntent encore un montant supérieur à la valeur de leur maison. Ou plus de la moitié de leur salaire part dans le remboursement du prêt. "C'est le cas de plus de 20 % des nouveaux prêts. Ces chiffres sont pour le moins inquiétants", conclut Coene.

"Vous pouvez tout aussi bien acheter maintenant"

Tout ceci est bien beau, mais que devez-vous faire, vous candidat bâtisseur ? L'économiste pour le marché de l'immobilier Frank Vastmans (KU Leuven) nous rassure. Il ne croit pas à une surévaluation excessive de notre marché immobilier. Selon lui, cela n'a pas de sens non plus, en tant que particulier, de reporter votre investissement. "En raison des fundamentals, comme les taux d'intérêt historiquement bas et le bonus au logement, vous pouvez tout aussi bien acheter une maison maintenant. Car même si les prix étaient trop élevés, personne ne pourrait emprunter davantage qu'aujourd'hui. Si les taux d'intérêt augmentent à nouveau, les prix de l'immobilier suivront à terme. Mais cela ne changerait rien, puisque emprunter de l'argent deviendrait aussi plus cher."

"Un prêt intéressant compense la diminution de prix"

Celui qui a acheté récemment une maison ne doit donc pas se faire de soucis. Pas même si les prix venaient à diminuer significativement. "Vous pouvez sans problème reporter votre crédit sur votre prochaine habitation, de manière à conserver votre taux intéressant. En cas de baisse des prix, vous en aurez moins pour votre argent, mais ceci sera compensé par un prêt intéressant que vous aurez conclu auparavant", estime Vastmans. 


https://www.livios.be/fr/info-construction/guide-du-logement/acheter/argent-et-assurances/30273/les-maisons-belges-trop-cheres/