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Quel rôle jouent les coordinateurs de sécurité dans vos plans de construction ou de rénovation ?

Dès que vos travaux font appel à deux sous-traitants ou plus, un coordinateur de sécurité est légalement obligatoire. Il sera responsable de l’ensemble des aspects sécuritaires du chantier, mais aussi de la santé et du bien-être des intervenants. Il commence son travail dès la conception du projet et sera à l’origine de diverses mesures prises sur le chantier même. Nous avons posé quelques questions à Kristina Elsen, architecte et coordinatrice de sécurité niveau A, quant à son rôle dans le processus de construction ou de rénovation.

dessin de plan d'architecte

Un coordinateur de sécurité doit intervenir dès la phase de conception du projet pour que le chantier soit plus facile et sous le signe de la sécurité.

Photo Ikzoekeenarchitect
  

dessin de plan d'architecte

Souvent un coordinateur de sécurité est mandaté juste avant le début des travaux, Selon Elsen, « il est plus difficile de planifier les choses si l’offre a déjà été approuvée avant de pouvoir faire son travail ».

Photo Ikzoekeenarchitect
  

metsen maçon Porotherm céramique paroi intérieure

« Durant la phase de mise en œuvre, nous vérifions si les mesures décidées sont effectivement appliquées » déclare Elsen.

Photo Porotherm
  

dessin de plan d'architecte

Elsen : « Mon travail ne consiste pas seulement dans le respect de la sécurité, mais aussi dans le respect du bien-être et de la santé sur le chantier. »

Photo Ikzoekeenarchitect
  

chantier de construction passive

C’est à votre architecte de vérifier si le coordinateur de sécurité a bien effectué ou non son travail.


  

cour

« Indiquez les moments où le coordinateur doit se rendre sur chantier dans le contrat » est clairement le conseil d’Elsen.

Photo Maisons Dewaele
  

La tâche d’un coordinateur de sécurité commence au moment de la conception du projet. Que faites-vous exactement ?
« Dans une première phase, nous jetons les bases garantissant le bon fonctionnement du chantier plus tard. Nous analysons les plans et déterminons ce qui devra être mis en œuvre pour que tout se déroule sans encombre. Où pouvons-nous nous raccorder à l’électricité, par exemple. Existe-t-il un éclairage de chantier ? Il est réellement question de tout stipuler noir sur blanc, de régler la coordination de tous les intervenants afin que cela ne doive pas se faire durant les travaux. »

« Prenez l’exemple des rambardes de sécurité. Un certain nombre d’entrepreneurs fournissent celles-ci, mais, une fois leur travail terminé, elles les retirent. Du coup, l’entrepreneur suivant doit également s’en inquiéter. Au résultat : un coût doublé pour le client. Tandis que si vous réglez ça avant le début des travaux, vous pouvez établir un montant de location avec le premier entrepreneur et fixez avec lui le moment où il pourra venir les rechercher. »

Quand êtes-vous généralement désigné(e) ?
« En principe, un coordinateur de sécurité est nommé juste avant le début des travaux. Toutefois, on voit souvent que le coordinateur de sécurité participe à une ou plusieurs réunions lors de la conception du projet, car c’est à ce moment que le travail de détail peut se faire. »

« Pour moi, cette phase est cruciale avant même de demander prix aux entrepreneurs. Un entrepreneur est légalement tenu de remettre prix, de façon séparée à son offre de prix globale, quant aux dispositifs de sécurité envisagés. Il sera donc plus difficile de planifier les coûts si ce domaine vient s’ajouter après que l’offre ait déjà été approuvée. En outre, en tant que constructeur, vous pouvez être légalement considéré en faute. »

« Le problème est qu’il n’est indiqué nulle part noir sur blanc quand un coordinateur de sécurité doit être désigné. Dans le cadre de logements privés, il est préférable de le faire le plus rapidement possible. Pourquoi attendre puisque vous devez de toute manière en engager un. Rechercher un coordinateur de sécurité plus ou moins tôt ne change rien au coût. »

Quelles tâches prenez-vous en compte durant la phase d’exécution ?
« Lors de la phase d’exécution, vous vérifierez si les mesures décidées lors de la conception du projet sont respectées. Les coordinateurs de sécurité sont obligés d’être sur chantier lors des ‘phases critiques’ comme au début des travaux, par exemple, lorsque les fondations sont creusées. Nous restons également attentifs si des travaux dangereux sont au programme. Ce sont, par exemple, des travaux effectués en hauteur. Nous analysons alors si les dispositifs mis en place sont sûrs et approuvés. »

Les entrepreneurs expérimentés ne considèrent-ils pas cela comme des interférences dans leur métier ?
« Je le vois davantage comme une aide. Lorsque je visite un chantier, je prends mon temps et je discute avec les différents corps de métier. Ils ont également de nombreuses questions à me poser, notamment quant à l’organisation du site telle qu’elle a dû être déterminée lors de la phase de conception. Un bon coordinateur pensera à prévoir un abri, de sorte que n’importe quel intervenant puisse s’asseoir, se laver les mains, manger… »

« Une bonne coordination s’assurera également que l’abri ne disparaisse pas lorsque l’entrepreneur x ou y disparaît du chantier, mais bien que tout le monde pourra en profiter. Il ne s’agit donc pas seulement de sécurité, mais aussi de la santé et du bien-être de chacun sur le site. Un entrepreneur ne peut tirer que des avantages d’une bonne coordination. »

Un architecte n’est-il pas plus indiqué pour s’intéresser à ces aspects sécurité, santé et bien-être ?
« Personnellement, j’ai quelques doutes à ce sujet. D’abord parce que la plupart des architectes ne sont pas formés pour ce faire. Ensuite parce qu’il sera obligé de souscrire une assurance distincte pour pouvoir remplir cette mission. »

« Il existe bien un module à part concernant la coordination de sécurité lors des études d’architecte, mais, à mon avis, cela ne suffit toujours pas. Comme je peux m’en rendre compte tous les jours, la coordination de sécurité est une spécialisation en soi dans les métiers de la construction. »

Avez-vous des contacts avec le client final en tant que coordinateur de sécurité ? Ou n’est-ce pas l’objet de votre mission ?
« Ce n’est certainement pas prévu, mais cela peut toujours arriver. Cela dépend surtout de la manière dont l’architecte fonctionne avec son client. Mais vous pouvez toujours être en contact avec le client lorsque vous déposez un dossier de post-intervention (ndlr la dernière tâche du coordinateur de sécurité). Le plus important est d’atteindre une bonne collaboration entre le coordinateur de sécurité et l’architecte et moins avec le client final. »

L’idéal serait donc que, en tant que coordinateur de chantier, vous ne voyiez pas le client final ? Comment celui-ci peut-il alors être assuré qu’il en a pour son argent ?
« C’est à votre architecte de contrôler que le coordinateur travaille correctement. J’effectue aussi des rapports de chantier, mais cela n’est pas obligatoire. Pas plus du côté de l’architecte d’ailleurs. En tant que coordinateur, vous devez pourtant être en mesure de démontrer que vous vous êtes rendu régulièrement sur le chantier. Raison pour laquelle je prends des photos lors de mes visites. Ces visites sont prédéterminées et doivent même être inscrites dans le contrat. »

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