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Devenir propriétaire est-il encore abordable pour les jeunes ?

Pour les deux tiers des 21-34 ans, devenir propriétaire est actuellement inabordable. C’est ce qui ressort d’une étude d’Immotheker Finotheker. En dix ans, la proportion de jeunes de moins de 35 ans ayant contractés un prêt par l’intermédiaire du cabinet de conseil est passée de 61 % à 41 %. Sur la même période, l’âge moyen des acheteurs de biens immobiliers est passé à 42 ans.

Sur la base de ces chiffres, Immotheker Finotheker tire la sonnette d’alarme. « Car si ça continue comme ça, seuls les investisseurs pourront se permettre d’acheter une propriété », explique John Romain. « Surtout pour les jeunes, le marché du logement est verrouillé. Si vous constatez que même les primo-accédants diplômés aux revenus supérieurs n’ont pas suffisamment de ressources pour acheter leur propre maison, alors c’est que quelque chose ne va pas. Ces jeunes ont besoin de perspective. S’ils doivent reporter l’achat de leur propre maison à chaque fois, ils risquent de finir par abandonner. Et les plus de 65 ans qui ne sont pas propriétaires se retrouvent beaucoup plus facilement dans la pauvreté. »

Problème : flambées des prix et besoin d’apport élevé

L’étude menée par Immotheker Finotheker via Ivox sur 2000 Belges révèle la situation complexe des jeunes. Actuellement, 43 % des 21-34 ans sont propriétaires de leur propre logement. Parallèlement, 64 % des non-propriétaires de la même tranche d’âge ne sont actuellement pas en mesure d’acheter une première maison; 10 % pensent même qu’ils ne pourront jamais se permettre de devenir propriétaire. La raison ? « La Banque Nationale s’est assurée que vous puissiez en principe emprunter un maximum de 90% du prix de l’habitation », explique John Romain. «Par conséquence, vous avez besoin d’un apport plus important, ce qui rend la flambée des prix problématique. En 2020, l’apport personnel moyen était déjà supérieur d’un tiers par rapport à celui de 2019. »

Coup de pouce

L’année dernière, selon cette étude, le montant de l’apport personnel s’élevait en moyenne à 113 827 euros pour l’ensemble des tranches d’âge. Les plus de 40 ans – soit le plus grand groupe d’acheteurs – disposaient d’un apport personnel moyen de 155 949 euros. Pour la tranche d’âge des 30-35 ans, ce montant s’élevait à 108 880 euros, tandis que pour les 25-30 ans, il était de 72 958 euros. Parallèlement, 51 % des jeunes primo-accédants sont incapables d’acheter une maison sans soutien familial. «En 2020, près de la moitié des jeunes propriétaires ont reçu un coup de pouce de la part de leurs parents ou d’autres membres de la famille.» , affirme John Romain. « 37% ont reçu une donation, 16% un prêt. Le montant moyen de la donation était de 58 031 euros, mais pour 43% d’entre eux, ce montant était inférieur à 10 000 euros et pour 57%, il était inférieur à 25 000 euros. »

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L’année dernière, selon cette étude, le montant de l’apport personnel s’élevait en moyenne à 113 827 euros.


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Couple d'âge mûr sécurité à la maison

John Romain: « les plus de 65 ans qui ne sont pas propriétaires se retrouvent beaucoup plus facilement dans la pauvreté. »


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Même les plus diplômés en pâtissent

Les jeunes diplômés de l’enseignement secondaire sont les plus touchés. 84% d’entre eux n’ont pas encore été en mesure d’épargner suffisamment pour acheter leur propre maison. Mais 64% des jeunes très instruits sont également exclus. « Les primo-accédants diplômés ont généralement des salaires plus élevés », explique John Romain. « Le fait qu’eux aussi ne puissent pas acheter une première maison en dit long sur le marché immobilier actuel. La combinaison de la flambée des prix de l’immobilier et d’un taux d’épargne quasi nul ne permet qu’aux investisseurs d’acheter un bien. Cela devient presque irréalisable pour les jeunes et les célibataires. »

Interventions d’urgence

John Romain préconise des mesures de la part du gouvernement afin d’offrir aux jeunes une perspective d’avenir. « Pour commencer, il devrait être plus simple pour les primo-accédants d’emprunter plus de 90% du montant de l’achat sans être pénalisé par un taux d’intérêt plus élevé. Cela peut être fait avec une garantie du gouvernement, mais le gouvernement peut également offrir lui-même des prêts de démarrage. De plus, il devrait être plus facile d’emprunter sur une période de 30 ans. L’offre de premières acquisitions doit également s’agrandir. Le gouvernement peut s’en assurer en réduisant les droits de vente pour les primo-accédants et en les augmentant pour les propriétaires. Car si nous n’intervenons pas rapidement, notre rêve de bien abordable sera compromis ».

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