livios logo

Utiliser des matériaux de récupération ? Quelques conseils

Lassé par ces finitions qui se ressemblent toutes ? Pourquoi ne pas opter pour de vieilles briques, des portes en bois récupérées ou des luminaires issus d’anciens bureaux ? La réutilisation de matériaux, voire de bâtiments entiers, n’est pas une énième mode mais une nécessité absolue. en Europe, le secteur de la construction représente plus de 50 % de la consommation de matières premières et est responsable d’environ 40 % des déchets que produit le continent.

Quand parle-t-on de matériaux de récupération ?

Quand des matériaux de construction ne sont plus considérés comme des déchets, mais soigneusement démontés et stockés pour être réutilisés plus tard, ce qui prolonge leur durée de vie. La réutilisation peut prendre différentes formes. Ainsi, lorsque d’anciens carrelages servent à un « nouveau » revêtement de sol, la fonction reste identique. Mais il est aussi possible de détourner la fonction première, par exemple en fabrikant des meubles avec du bois de charpente.

Pourquoi réutiliser les matériaux ?

Aucune matière première n’est inépuisable. En outre, la production et le transport de nouveaux matériaux consomment énormément d’énergie. L’allongement de la durée de vie des matériaux et des bâtiments est donc une étape nécessaire pour réduire l’impact climatique du secteur de la construction. Les matériaux recyclés ont un charme impossible à reproduire en usine car, pour beaucoup, ils racontent une histoire. En combinant des éléments de différentes époques, vous créez un décor réellement intemporel.

Par où commencer ?

Il est important d’impliquer le plus tôt possible toutes les parties prenantes : architecte, entrepreneur, commerçant… Cherchez des personnes qui partagent votre passion et ont une expérience dans le secteur des matériaux de récupération : elles savent généralement où trouver ce dont vous avez besoin et… ce qui est disponible. Sachez que, dans de nombreux cas, vous devrez travailler « à l’envers », c’est-à-dire adapter votre projet aux matériaux disponibles et non l’inverse. Vous devrez également penser à leur stockage durant les travaux.


© Atelier Vens Vanbelle - Tim Van de Velde  

récupération des matériaux

Photo Kempische Bouwmaterialen NV
  

Les matériaux de récup’ les plus courants

1. Portes

Vous trouverez sans mal des portes intérieures récentes de tous types et dimensions, allant de simples portes peintes aux portes vitrées d’immeubles de bureaux. Les vieilles portes intérieures en bois massif de différentes époques ne poseront pas de problèmes non plus.

À quoi être attentif ? Il faut parfois adapter l’ouverture aux dimensions des portes. Vérifiez aussi le sens de rotation : s’ouvrent-elles vers l’intérieur ou vers l’extérieur, les charnières sont-elles à gauche ou à droite ? Ce n’est pas évident, mais essayez de trouver des portes complètes, avec chambranle et ferrures

2. Sols en bois

Les négociants en matériaux de construction anciens proposent depuis bien longtemps des planchers et parquets de récupération. Un grand classique : le bois provenant de granges, bateaux ou wagons, qui ne s’utilise pas seulement pour les planchers, mais également comme revêtement mural.

À quoi être attentif ? Les planches ne peuvent être ni trop déformées, ni attaquées par des champignons ou des insectes. Le bois très humide doit être mis à sécher pendant plusieurs mois. N’oubliez pas que le bois de récupération peut être très rugueux en surface. Si vous récupérez du bois collé, veillez à ce qu’il ne reste aucun résidu de colle ou de goudron, en surface ou dans les rainures. En revanche, les parquets flottants ou cloués sur des solives sont facilement démontables.

3. Sols en pierre

Les stocks de sols anciens en pierre naturelle sont énormes. Parmi les plus populaires, citons le marbre, la pierre bleue et la pierre de Bourgogne. Certains types de pierre naturelle étant désormais interdits d’exploitation, on en trouve exclusivement sur le marché de la récupération.

À quoi être attentif ? Les vieux sols en pierre sont généralement très épais. Certainesdalles font 15 cm d’épaisseur, voire plus, et doivent donc être sciées.Le dessous est généralement inégal, ce qui ne facilite pas la pose :faites appel à un professionnel expérimenté.

4. Carrelages de sol et mural

Les carrelages figurent eux aussi parmi les produits les plus courants sur le marché de la récupération. On en trouve de toutes sortes – terre cuite, ciment, céramique… –, dimensions et couleurs, unis ou ornés de jolis motifs.

À quoi être attentif ? Les carrelages anciens sont souvent plus épais que ceuxcommercialisés aujourd’hui. Comme pour les sols en pierrenaturelle, certains types ne se trouvent plus qu’en petitequantité (pour une surface limitée, donc). Les carrelages déjànettoyés sont plus chers, mais font gagner un temps précieux.

Portes


  

Bain


  

Sol


  

5. Baignoires et lavabos

Même fort abîmées, les baignoires anciennes en fonte se restaurent relativement facilement. Vous n’aurez aucune difficulté à trouver des baignoires et des lavabos en céramique avec leurs accessoires (miroirs, porte-savons…).

À quoi être attentif ? Vu le poids d’une baignoire en fonte, il faudra peut-être renforcerle sol. Il est toujours possible de faire réparer d’anciensrobinets, mais il est plus prudent d’en placer des neufs.

6. Radiateurs

Les radiateurs en fonte se démontent et se nettoient avant réutilisation. Vous en trouverez facilement. Si vous préférez des radiateurs à panneaux plus récents, le marché de l’occasion en regorge.

À quoi être attentif ? Les vieux radiateurs en fonte sont généralement sur pieds (d’oùd’éventuels problèmes d’installation). Demandez au vendeurs’ils ont été restaurés et leurs conditions d’entreposage (àl’intérieur ou à l’extérieur). Les radiateurs restés longtemps àl’extérieur sont souvent gorgés d’eau, ce qui cause de la rouille.En outre, exposés au gel, ils peuvent se fendiller.

7. Luminaires

La démolition de bâtiments récents a permis de récupérer de nombreux systèmes d’éclairage. Les immeubles de bureaux, notamment, fournissent de grandes quantités de produits identiques et souvent de marques réputées. Par ailleurs, le marché abonde en luminaires (appliques et suspensions) des années 1960 et 1970.

À quoi être attentif ? La sécurité électrique est évidemment une priorité. Par précaution, certains revendeurs remplacent tous les câbles, fiches, interrupteurs et raccords. Avec un peu d’imagination, les systèmes provenant de bureaux décoreront avantageusement votre intérieur.

8. Cloisons de séparation

La durée de vie des immeubles de bureaux est rarement très longue. Certains sont déjà démolis après 20 ans ! Parallèlement, leur aménagement est parfois extrêmement rapide et sommaire, ce qui signifie que l’on peut récupérer pas mal de matériel dont, par exemple, des cloisons de séparation bien pratiques pour diviser une pièce à peu de frais. D’anciens châssis devenus inutilisables en raison des nouvelles normes énergétiques peuvent également remplir ce rôle de manière très originale.

À quoi être attentif ? En dépit des multiples possibilités de réutilisation qu’ellesoffrent, les cloisons de séparation finissent bien souvent à ladécharge. N’oubliez pas que leurs dimensions et les raccordssont rarement adaptés à une utilisation directe.

71665_Ciment tiles_Patroontegels_Trocadero_Roma Impermo

Photo Impermo
  

KEMPISCHE matériaux de construction récupérés sciages

Photo Kempische Bouwmaterialen NV
  

Matériaux KEMPISCHE matériaux récupérés

Photo Kempische Bouwmaterialen NV
  

Utiliser des matériaux de récup’, est-ce réellement moins cher ?

Le prix d’un matériau dépend de plusieurs facteurs : son état, sa qualité et sa valeur patrimoniale. Sans compter le travail : il faut sept fois plus de main d’œuvre pour démonter un bâtiment dans l’intention de récupérer les matériaux que pour l’abattre purement et simplement. Le nettoyage des matériaux et leur réutilisation dans le nouveau bâtiment entraînent également des coûts supplémentaires.

Les matériaux qui ont une forte valeur ajoutée en raison de leur caractère historique coûtent en moyenne plus cher que les matériaux neufs similaires : une vieille cheminée, un escalier classique en fonte… Les tendances font également monter les prix. Pensez au bois d’échafaudage ou aux lampes d’usine : l’original coûte infiniment plus cher qu’une copie. En revanche, le prix de certains matériaux reste relativement constant, comme celui des vieilles briques par exemple, dont le prix est sensiblement le même que celui de briques neuves. Enfin, il faut encore évoquer les matériaux récents : une baignoire, un lavabo ou une porte vitrée de fabrication récente sont généralement beaucoup moins chers que le neuf.

Source : Je vais Construire

12 choses à savoir sur rénovation totale

En collaboration avec

Découvrez tous les partenaires

Ce site web est sécurisé par reCAPTCHA et le politique de confidentialité et conditions générales d’utilisation de Google s’appliquent.

track

http://www.livios.be/fr/info-construction/guide-du-logement/renover/renovation-totale/64226/utiliser-des-materiaux-de-recuperation-quelques-conseils/