Rénover comme un pro : vers une maison basse en énergie en 4 étapes

Une rénovation énergétique est le meilleur investissement que vous puissiez faire dans votre logement. Pas uniquement pour augmenter sa valeur à long terme, mais également pour économiser à court terme. Car vous bénéficiez immédiatement d’une facture d’énergie réduite et d’un meilleur confort. Par où commencer, voilà la question. Cet article vous guide pas à pas dans une rénovation énergétique étalée dans le temps.

Une petite remarque s’impose : vous pouvez suivre les différentes étapes dans l’ordre proposé mais, dans la pratique, il est souvent intéressant de combiner plusieurs interventions. Par ailleurs, ne vous focalisez pas sur une mesure en particulier, mais tentez de dresser dès le départ un plan d’ensemble. Il y a une règle à suivre impérativement : le choix d’une mesure énergétique ne peut jamais rendre la suivante impossible. Le conseil d’un architecte ou d’un expert en énergie est ici très utile.

Pour certaines de ces interventions, un permis (ou une déclaration) peut être requis. Informez-vous bien auprès de votre commune avant de commencer les travaux.

1.     Isoler le toit

Une toiture mal isolée représente environ un tiers des déperditions thermiques, soit deux fois plus que des murs extérieurs non isolés. Les spécialistes s’accordent donc sur le fait que l’isolation du toit est la toute première mesure à prendre, qui sera également la plus rapidement amortie. De plus, vous créez ainsi une bonne base pour le placement (ultérieur) d’installations techniques pour la production d’énergie renouvelable, comme des panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques.

Isoler le toit est une intervention moins lourde que vous ne le pensez. Si le dernier étage ne sert que de grenier, il suffit alors d’en isoler le plancher. Par contre, si cet espace est aménagé, il faut isoler le toit.

Une erreur à éviter

Une rénovation lourde du toit n’est souvent que le début d’un traitement de l’habitation dans sa globalité. Ainsi, si vous isolez le toit par l’extérieur et que vous avez l’intention d’isoler les murs par l’extérieur lors d’une étape ultérieure, veillez à un débord suffisant de votre nouvelle toiture à hauteur des façades et des pignons, de façon à ce que le toit, après travaux, se raccorde parfaitement aux murs isolés.

2.     Murs et fenêtres

Après le toit, les murs extérieurs constituent la deuxième plus grande source de perte de chaleur. Ceux-ci forment un tout avec les portes et les fenêtres. Si vous isolez les murs sans changer vos fenêtres, vous verrez davantage de condensation se former sur les vitres. À l’inverse, si vous remplacez vos vieux châssis par une version superisolante sans isoler sérieusement les murs, il y aura sans doute de la condensation sur ces derniers, ce qui est néfaste pour l’enveloppe du bâtiment. C’est pourquoi nous considérons qu’isoler les murs et remplacer les portes et fenêtres doit logiquement se faire simultanément.

Isoler les murs

Trois possibilités peuvent être envisagées : poser un isolant du côté extérieur et à le recouvrir d’une nouvelle finition (la solution la plus efficace, mais aussi la plus lourde), isoler les murs par l’intérieur ou remplir la coulisse du mur avec un matériau isolant.

Remplacer les châssis

Deux options s’offrent à vous : soit du double vitrage à haut rendement (valeur Ug de 1,1 à 0,9 W/m2K), soit du triple vitrage (valeur Ug inférieure à 0,8 W/m2K). Faites-vous conseiller par un architecte ou un responsable PEB.

Investir dans du triple vitrage n’a d’intérêt que si les murs sont mieux isolés que les châssis. Choisissez donc le niveau d’isolation de vos châssis en fonction de celui des autres éléments structurels, comme les murs et le toit. Vous éviterez ainsi les problèmes physiques (dont la condensation, qui risque d’entraîner la formation de moisissures).

Une erreur à éviter

En isolant la maison et en remplaçant les châssis, vous n’améliorez pas seulement le niveau d’isolation mais également l’étanchéité à l’air de la maison. Il y a donc lieu d’investir simultanément dans la ventilation, par exemple avec un système D (amenée et évacuation automatiques de l’air) ou un système C (amenée naturelle et évacuation automatique). Dans ce dernier cas, le remplacement des châssis est l’occasion unique de prévoir des aérateurs d’amenée d’air dans les châssis !

3.     Isoler le sol

L’isolation du sol est, après celle du toit et des murs, la dernière étape pour rendre l’enveloppe du bâtiment énergétiquement performante. Mais ce n’est pas si évident à réaliser ! Si l’habitation est totalement ou partiellement bâtie sur caves, il suffit de poser des panneaux isolants au plafond de la cave (ou du vide sanitaire). Mais si la maison est construite directement sur terre-plein, des travaux plus conséquents s’imposent.

Une erreur à éviter

En matière d’isolation, chaque centimètre compte. Si vous prenez la peine de faire démolir et reconstruire votre complexe de sol par un entrepreneur – si par exemple vous souhaitiez remplacer les radiateurs existants par un chauffage par le sol  assurez-vous que les différentes épaisseurs requises soient atteintes. Un contrôle est particulièrement recommandé à l’issue de la phase d’excavation. Cela influencera non seulement votre déclaration PEB (si votre rénovation est soumise à la PEB), mais augmentera également le rendement de votre chauffage par le sol.

4.     Les techniques

La toute dernière étape de votre rénovation énergétique concerne l’optimisation des techniques. Autrement dit : tout ce qui a trait au chauffage, à la production d’eau chaude sanitaire, à la ventilation et à l’électricité. Grâce à une bonne isolation (en suivant les étapes qui précèdent), votre consommation d’énergie diminuera déjà de 30 à 40 %. Il est cependant possible de faire encore mieux en investissant dans un système de chauffage performant, combiné à de l’énergie renouvelable. Une chaudière vieille de 20 ans ou plus doit de toute façon être remplacée par un modèle à condensation actuel.

Chauffe-eau solaire ou panneaux photovoltaïques ?

Un chauffe-eau solaire couvrira jusqu’à 60 % de vos besoins annuels en eau chaude sanitaire grâce à l’énergie solaire. Un tel investissement est surtout intéressant pour les familles de quatre personnes et plus, dont les besoins en eau chaude sont importants. En effet, aussi paradoxal que cela puisse paraître, plus vous consommez d’eau, plus un chauffe-eau solaire vous permet d’économiser.

Placer des panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité est en revanche intéressant pour la plupart des ménages. En moyenne, l’investissement sera amorti en huit ans et assurera ensuite jusqu’à dix-sept ans de production d’électricité gratuite. Avantage supplémentaire du photovoltaïque : si votre rénovation est soumise à la PEB, vous pouvez faire baisser de manière significative le niveau E de votre habitation.

Pompe à chaleur

L’investissement dans un chauffe-eau solaire ou une installation photovoltaïque vient en complément d’une traditionnelle chaudière à condensation. Si vous voulez rendre votre chauffage plus durable, vous pouvez franchir le cap et installer une pompe à chaleur. Attention : ceci n’est envisageable que dans les habitations très bien isolées et chauffées avec un système à basse température (par le sol ou via des radiateurs basse température). D’un point de vue financier, cette étape n’est rentable que si vous posez en même temps des panneaux photovoltaïques, qui produiront alors l’électricité nécessaire pour alimenter la pompe à chaleur.

Une erreur à éviter

Pour bien fonctionner, le système de chauffage doit être dimensionné en fonction des besoins en chaleur de votre habitation. Si, pour des raisons pratiques, vous êtes contraint de remplacer votre chaudière avant de procéder à la rénovation énergétique de l’habitation, parlez-en à votre chauffagiste afin qu’il place un appareil suffisamment modulable, qui continuera à fonctionner correctement après rénovation.

La plupart de ces investissements donnent droit à des primes. Pour connaître les montants et les conditions à respecter, consultez notre Indicateur des primes.

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