« On doit savoir si un réseau de chaleur est prévu dans sa rue »

Tout le monde est conscient que les énergies renouvelables sont l’avenir. Mais qu’est-ce que cela signifie pour les gens qui construisent ou rénovent aujourd’hui ? Tel est l’enjeu de notre grand débat sur l’énergie : plein feu sur les énergies renouvelables !

Membres du panel : Dirk Verbeeck (Kamp C), Jorn Van Herck (OVED), Geert Flipts (Vlaamse Energieagentschap), Kati Lamens (Netwerk Architecten Vlaanderen), Olivier Schmitz (Radson), Benjamin Clarysse (Bond Beter Leefmilieu), Stijn Verbeke (EnergyVille/VITO).

Photo: Marc Sourbron  

Les astuces rapides de Livios

Vous n’avez pas le temps de lire tout l’article ? Voici ce qu’il faut en retenir !

  1. Besoin de clarté : à l’avenir, nous chaufferons nos maisons avec des pompes à chaleur, des réseaux de chauffage, de la biomasse, mais aussi avec des alternatives gazières. Ce qui sera la solution optimale dépendra de votre situation particulière. Raison pour laquelle nos experts demandent aux autorités ‘locales) de clarifier les choses le plus rapidement possible, par exemple, en termes de réseaux de chauffage.
  2. La chaudière à condensation est toujours préférable : une chaudière à condensation traditionnelle est toujours un choix légitime pour les maisons neuves et les rénovations lourdes, mais à condition que vous prépariez votre maison à d’autres techniques pour l’avenir.
  3. Se chauffer au bois est possible, mais… : notre panel d’experts critique la biomasse en tant que forme d’énergie renouvelable. Ils voient un rôle limité pour les chaudières et les poêles à pellets.

Conclusion 1 : un besoin de clarté

En réaction à l’interdiction soudaine du gaz pour les nouvelles constructions aux Pays-Bas, Stijn Verbeke, spécialiste en efficacité énergétique chez EnergyVille/VITO, déclare à Livios qu’il n’existe pas de solution unique pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles. Outre les pompes à chaleur et des réseaux de chaleur, les gaz alternatifs chaufferont aussi nos maisons à l’avenir. 

Lisez ici comment cela fonctionne concrètement.

Besoin de clarté

Benjamin Clarysse, responsable de l’efficacité énergétique et du chauffage vert chez Bond Beter Leefmilieu, souligne la responsabilité du gouvernement. « Un débat est nécessaire sur les réseaux de chaleur. Le gouvernement doit déterminer le plus rapidement possible quelles sources d’énergie nous utiliserons et où. Pour l’instant, nous n’installons des réseaux de chaleur que dans des endroits à fort potentiel comme à proximité d’un incinérateur ou une zone industrielle. Mais il est urgent de décider comment écologiser l’ensemble de la demande de chaleur. Les gens ont besoin de savoir le plus tôt possible si un réseau de chaleur est prévu dans leur rue. »

Les villes et communes devaient établit un plan de chauffage dans lequel elles déterminent les zones qui seront raccordées à un réseau de chaleur et celles qui ne le seront pas, estime Clarysse. « Mais tant que le gouvernement ne leur donne pas le signal de faire quelque chose, personne ne sera enclin à le faire. Geert Flipts de l’agence flamande à l’énergie : « Une consultation est nécessaire sur la manière de chauffer nos bâtiments d’ici 2040, sur les mesures à prendre et sur la manière d’impliquer les autorités légales dans le processus. »

Lisez en plus sur les réseaux de chaleur.

« Pour l’instant, nous n’installons des réseaux de chauffage que dans des endroits à fort potentiel comme à proximité d’un incinérateur ou une zone industrielle. Mais il est urgent de décider comment écologiser l’ensemble de la demande de chaleur » dit Benjamin Clarysse.

Une transition en douceur

Nos Régions doivent-elles faire des choix aussi drastiques qu’aux Pays-Bas ? Le raccordement des nouveaux logements au réseau gazier y sera interdit à partir du 1er juillet. Olivier Schmitz, directeur des ventes et du marketing chez Radson, émet des réserves : « Une telle décision a un impact énorme sur le secteur de la construction et de l’industrie. Il est facile de dire que c’est ce que vous devez faire, mais ils sont encore en discussion sur comment le faire. Qui paiera le prix au final ? »

Stijn Verbeke plaide, lui aussi, pour une transition en douceur. « Aux Pays-Bas, c’était la panique. Je suis tout à fait d’accord de dire que nous devons aller dans cette direction d’ici 2040. Pour les bâtiments existants, une approche en plusieurs étapes est nécessaire.
Pour installer des pompes à chaleur à grande échelle, notre réseau électrique n’est pas adapté. »

Conclusion 2 : une chaudière à gaz est encore responsable

Que signifie concrètement cette phase de transition pour les particuliers ? Devons-nous opter pour un chauffage basé sur les énergies renouvelables à tout prix lors de chaque construction ou rénovation majeure ? Kati Lamens, présidente du Réseau des architectes flamands, nuance : « Nous ne pouvons pas mettre tous nos œufs dans le même panier. Commençons avec des projets de logements collectifs. Là, par exemple, nous pouvons déjà construire des réseaux de chaleur au lieu de placer des chaudières individuelles. »

Énergie transitoire

Selon elle, les chaudières à condensation joueront encore un rôle important dans le chauffage domestique des particuliers dans les années à venir. « Nous considérons le gaz comme une énergie de transition pour arriver là où nous voulons aller. Toute personne qui construit ou rénove peut choisir d’installer une autre chaudière au gaz, de sorte qu’il reste un budget suffisant pour s’attaquer à l’enveloppe du bâtiment. Avec une pompe à chaleur, vous êtes immédiatement confronté à un investissement beaucoup plus important et nous croyons en une vision à long terme, certainement pour les rénovations. Faites établir un plan directeur et regardez le budget accordé à chaque étape. Si cela signifie que vous pouvez aller immédiatement beaucoup plus loin avec une chaudière à condensation au gaz que vous remplacerez dans quinze ou vingt ans, nous pensons que cela se justifie pleinement. »

Dirk Verbeeck, conseiller en construction durable au Kamp C, est sur la même longueur d’onde. « En principe, si c’est possible d’un point de vue budgétaire, je recommande d’éviter les combustibles fossiles. Mais assurez-vous au moins que votre chauffage fonctionne à basse température. Si votre chaudière doit être remplacée dans les quinze ans, vous pouvez toujours investir dans une pompe à chaleur et des panneaux photovoltaïques. »

Olivier Schmitz a un conseil pratique pour les propriétaires. « Le chauffage au sol est souvent installé avec une distance de passage (la distance entre les tuyaux) de 20 cm. Mais il est préférable de poser les tuyaux à 10 cm les uns des autres. De cette façon, vous avez toujours une émission de chaleur suffisante si vous passez, plus tard, d’une chaudière à une pompe à chaleur. »

Autre conseil de Benjamin Clarysse qui tient à garder les options ouvertes : « Si vous habitez en ville, vous devriez installer votre chauffage sur le côté rue de votre maison. Vous pourrez ainsi toujours vous connecter plus tard si un réseau de chaleur est établi dans le futur. Entre-temps, une chaudière à condensation au gaz peut être une option si les alternatives comme une pompe à chaleur ne sont pas possibles. »

Conclusion 3 : Se chauffer au bois… oui, mais…

La biomasse est également considérée comme une source d’énergie renouvelable en vertu des règlements PEB. Mais, au cours de ces derniers mois, il y a eu beaucoup à faire au sujet de cette forme de chauffage, y compris en termes d’émission des particules. Une chaudière ou un poêle à pellets n’est-il pas un choix judicieux pour les propriétaires ?

Neutre en CO2

« L’industrie travaille actuellement sur des filtres pour limiter la production de particules fines’ explique Dirk Verbeeck (lisez, entre autres, cet article sur Livios). « Mais les anciennes installations ne disposent pas encore de cette technologie. Cependant, nous considérons généralement que le chauffage aux pellets est neutre en CO2 s’il provient d’une gestion forestière durable. Je fais abstraction du transport des matières premières et de toute l’industrie manufacturière qu’elle sous-tend. Beaucoup de pellets que nous consommons viennent de Scandinavie ; de Pologne et du Canada. »

Jorn Van Herck, rapporteur PEB et directeur d’une plateforme de consultation pour les experts en énergie. « Les pellets proviennent d’un produit résiduel de l’industrie du bois. Mais, entretemps, ils sont devenus à ce point populaires qu’il n’y a plus assez de déchets résiduels. De nos jours, des arbres sont abattus pour produire des granulés. Ce n’était pas l’intention première. »

« Les pellets proviennent d’un produit résiduel de l’industrie du bois. Mais, entretemps, ils sont devenus à ce point populaires qu’il n’y a plus assez de déchets résiduels » dit Jorn Van Herck.

La biomasse au niveau local

Toutefois, Stijn Verbeke estime que la biomasse fera partie du mix énergétique de l’avenir. « La seule question est de savoir si nous devons utiliser la biomasse pour le chauffage domestique individuel ou comme combustible pour les grandes centrales électriques. Il est souvent préférable d’appliquer la biomasse à plus grande échelle, par exemple au niveau des provinces, afin de répondre aux fluctuations de l’approvisionnement en énergie solaire. Une grande chaudière à pellets peut alors fournir de l’énergie où il n’y a pas ou peu de soleil. »

Benjamin Clarysse est plutôt critique à l’égard de la biomasse. « Vous ne devez pas penser que les pellets sont produits à base de résidus de bois ou de bois de qualité inférieure, car on obtient alors un combustible de qualité médiocre et encore plus de particules fines. Il existe de bien meilleures façons d’utiliser le bois, par exemple comme matériau de construction. Brûler est la dernière chose que nous devrions vouloir en faire. C’est pourquoi je pense que la biomasse ne représentera qu’une faible proportion du mix énergétique de l’avenir. »

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