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Chauffez-vous au bois comme un pro en 6 étapes

Se chauffer au bois est facile. Se chauffer au bois de manière saine et efficace est moins évident. En matière de bois de chauffage, il est question de faire les bons choix et d’avoir beaucoup de patience. « Mais cela reste populaire » souligne Peter Marchand de chez Dutry&Co. « Environ la moitié de nos clients n’achètent pas leur bois, mais s’assure de sa livraison. » Comment le gèrent-ils ensuite ? Nous vous expliquons en six étapes comment faire passer votre bois de la forêt au salon. 

En matière de bois de chauffage, il est question de faire les bons choix et d’avoir beaucoup de patience.


  

Même si abattre un arbre semble fastidieux, nous utilisons aujourd’hui des tronçonneuses à chaîne pour l’abattage. Vous devez bien évidemment les utiliser avec prudence et parcimonie.


  

La hache traditionnelle exige beaucoup de force et d’agilité. Aujourd’hui, des outils plus efficaces sont disponibles, comme des fendeuses. C’est moins stressant et plus facile à effectuer.

Photo Dutry & Co
  

Il est important de garder votre bois au sec (à l’aide d’un abri ou d’un toit en plastique) et de laisser l’air circuler entre les bûches.


  

La seule bonne manière de lancer un feu ? « Un premier lieu, vous déposez vos grosses bûches en quinconce. Vous y ajoutez du petit bois et enfin quelques blocs d’allumage. Les grosses bûches ne fumeront quasiment pas et brûleront immédiatement. C’est essentiel pour obtenir une combustion propre. »

Photo Dutry & Co
  

la conséquence d’une combustion négligée. Mais comment réagir à ces attaques noiraudes ? « Mouillez du papier journal avec de l’eau et nettoyez votre vitre. Bien mieux que n’importe quel produit ! »

Photo Dru Belgium
  

1. La grande recherche

Vous possédez votre propre bois ? Vous faites partie d’une minorité. Et si pas, il existe suffisamment d’options pour trouver le bois de chauffage approprié. « De nombreux propriétaires de bois vous accueilleront et vous permettront de couper votre bois de chauffage. Soyez à l’écoute de votre famille et de vos connaissances. Voire de certaines sociétés. Vous pouvez aussi obtenir gratuitement du bois de palettes » explique Peter Marchand. 

Bon à savoir

  • Vous êtes à l’abri avec le bois de deux ou trois grands arbres. Tout dépend du rendement et de l’utilisation de votre poêle ou de votre cheminée.
  • Via le site www.oewb.be, l’Office économique wallon du bois vous informe des ventes publiques de bois et les endroits où vous pouvez effectuer des coupes. 

2. Couper et débiter

Même si abattre un arbre semble fastidieux, nous utilisons aujourd’hui des tronçonneuses à chaîne pour l’abattage. Vous devez bien évidemment les utiliser avec prudence et parcimonie. L’arbre est tombé ? Il vous reste à couper des morceaux de 30 à 50 cm.

Enfin, vous coupez chaque tronçon en plus petits morceaux. « Contrairement à ce que nombre de personnes pensent, plus le bois est fin, plus il brûlera mieux. N’attendez pas trop longtemps. Le nettoyage d’un bois humide est bien plus simple. Vous irez un peu moins vite en travaillant du bois sec.

La hache traditionnelle exige beaucoup de force et d’agilité. Aujourd’hui, des outils plus efficaces sont disponibles, comme des fendeuses. C’est moins stressant et plus facile à effectuer, explique Peter Marchand. « Et les morceaux de bois ne volent pas dans tous les sens. Et si vous choisissez pour une machine à domicile, sachez que l’investissement est malgré tout assez lourd. » 

Quel est le bois de chauffage idéal ?

Plus le bois est humide, moins bonne sera la combustion : le feu sera moins puissant et vous engendrerez plus de particules. « Le bois frais possède un taux d’humidité d’environ 35%. Il doit tomber à 20 % pour que le bois soit prêt à brûler. Mais le taux d’humidité idéal est de 15 %. »

Le type de bois est moins important. Les essences de bois les moins énergétiques ne comportent que 10 % en moins d’énergie par kilo que les bois les plus énergétiques. On fera toutefois une différence entre les feuillus et les résineux. Dans cette dernière catégorie (sapin, bouleau, bois de palettes…), les bois ne sont, pour la plupart, pas adaptés aux poêles et cheminées. Leur combustion libère des résines qui s’évaporent ensuite. Un poêle ou une cheminée typique ne pourra donc pas brûler complètement les gaz de combustion.

Conséquence : il existe un risque important de dépôt de goudron sur votre cheminée et, par la suite, de feu de cheminée. Exception : les poêles à accumulation de chaleur ou les poêles de masse comme ceux conçus en briques ou en tuiles. 

3. Stockez intelligemment et soyez patient

Nous l’avons déjà dit : le bois humide est du mauvais bois de chauffage. Dans le même temps, plus votre bois est sec, plus il aura tendance à aspirer l’humidité. « Le bois n’est prêt à être brûlé qu’après deux ans. Où vous souhaitez faire sécher votre bois de chauffage est de votre responsabilité. Le bois ne doit pas nécessairement sécher à l’intérieur ? Si vous le faites, par exemple, à la cave, assurez-vous qu’il y ait une ventilation suffisante. Et l’espace de stockage ne doit bien évidemment pas être humide.

Toutefois, la plupart des gens stockent leur bois à l’extérieur. Il est alors important de garder votre bois au sec (à l’aide d’un abri ou d’un toit en plastique) et de laisser l’air circuler entre les bûches. « C’est possible en retirant de temps en temps une bûche. Certes, il faut accepter que toutes les bûches ne soient pas joliment posées les unes à côté des autres. Votre pile de bois est sur le sol ou dans l’herbe ? Assurez-vous qu’assez d’air peut passer par-dessous, notamment en posant des barres transversales avant de poser la première ouche de bûches » explique Peter Marchand. 

Bon à savoir

Pour une vingtaine d’euros, vous trouverez, dans tous les magasins de bricolage ou chez les spécialistes des poêles, un mesureur d’humidité. « C’est pratique pour vérifier où en est votre bois, mais aussi pour vérifier si le bois fourni par une société est suffisamment sec. »

4. Donnez de l'espace à votre bois pour brûler

Rien n’est plus agréable qu’une bûche qui se consume longtemps. Mais vous ne tirerez pas le meilleur de votre flambée. Les bûches les plus fines assurent une combustion plus efficace. En outre, le remplissage excessif de votre poêle – avec ce que l’on nomme le frottis – est à éviter. « Il y a trop peu d’air autour de votre bois. Conséquence : la combustion est trop lente et incomplète. Ici aussi, le risque de feu de cheminée est important et vous créez beaucoup plus de particules fines. »  

Bon à savoir

Vous allez remplir votre poêle avec du bois ? Remplissez les deux tiers du volume avec du bois et laissez le tiers restant pour la circulation de l’air. 

Le bon appareil

Naturellement, le dispositif de combustion joue un rôle majeur. « Les vieux poêles émettent, en moyenne, 800 milligrammes de particules fines par normo mètre cube. Les nouveaux dispositifs n’ont pas plus de 40 mg/Nm³ d’émission. Les poêles de masse, comme les poêles en stéatite offrent ici de bons résultats. À l’inverse, les poêles à bois continus montrent en pratique des taux d’émission allant de 3.000 à 5.000 mg/Nm³. Nous recommandons toujours aux personnes possédant ce type de poêle de changer de dispositif. »

Plus vous pouvez contrôler l’alimentation en air et plus votre brûleur sera efficace. Avec les vieux poêles, c’est souvent un problème, parce que, souvent, ils ne sont pas étanches. Mais le marché a progressé. « Il existe désormais des poêles avec contrôle automatique de l’air. Ils assurent ainsi une combustion optimale sans que vous deviez en effectuer le contrôle. On parle même aujourd’hui de poêles intelligents. Ils tiennent également la température ambiante à niveau. Vous pouvez même contrôler ces dispositifs avec votre smartphone. »

Lisez aussi: "Installer un poêle au bois indépendant"

5. Allumer le feu ? Vous avez tout faux

Question piège : comment préparez-vous au mieux votre foyer ? Avez-vous appris, il y a longtemps, à commencer avec du papier, ajouter du petit bois et puis placer vos bûches ? Vous avez alors, malheureusement, tout faux. Les grosses bûches se réchauffent lentement et fument très vite. Conséquence ? Vous l’avez deviné : des particules fines.

La seule bonne manière de lancer un feu ? « Un premier lieu, vous déposez vos grosses bûches en quinconce. Vous y ajoutez du petit bois et enfin quelques blocs d’allumage. Les grosses bûches ne fumeront quasiment pas et brûleront immédiatement. C’est essentiel pour obtenir une combustion propre » conseille Pieter Marchand. 

Bon à savoir

Une bonne combustion est une combustion propre. Les vitres en verre noircies sont la conséquence d’une combustion négligée. Mais comment réagir à ces attaques noiraudes ? « Mouillez du papier journal avec de l’eau et nettoyez votre vitre. Bien mieux que n’importe quel produit ! » 

6. Réalimentez le poêle au bon moment

Le feu est en train de s’éteindre ? N’attendez pas pour ajouter du bois qu’il ne reste que quelques charbons ardents dans votre poêle ou votre cheminée. Ajoutez du bois lorsque la flamme brûle toujours correctement. Idéalement, vous rechargerez votre poêle lorsqu’il reste un tiers de bois. 

Conclusion

Se chauffer au bois exige de nombreux efforts. Grâce aux conseils ci-dessus, vous tirerez le meilleur rendement de votre bois de chauffage : 

  • Vous réduirez les particules fines et les risques d’incendie.
  • Vous obtiendrez des températures de combustion plus élevées.
  • Le rendement sera meilleur, donc vous utiliserez moins de bois.
  • Vous apprécierez la vue de votre feu et ne devrez pas constamment entretenir votre vitre de protection. 

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