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Ben et famille testent la pile à combustible et obtiennent 8.000 euros

Depuis quelques mois, le limbourgeois Ben Van Mierloo et sa famille ont placé une pile à combustible chez eux. Jamais entendu parler ? Pourtant, le dispositif qui alimente votre maison en électricité et en chauffage gagne du terrain. En Belgique aussi. Ben a même bénéficié de jolis subsides européens. Il partage ses premières impressions avec nous.

Ben Van Mierloo, informaticien et père de deux enfants, a acheté une maison ayant vingt ans avec sa femme. « Le chauffage était au mazout, mais la bonne isolation réduisait les coûts de chauffage. »

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Toute l’installation se compose de deux appareils : une chaudière à haut rendement classique, au gaz, et la pile à combustion proprement dite.

Photo Ben Van Mierloo

En un peu plus de trois mois, le système a déjà produit entre 1.500 et 2.000 kWh d’électricité, un tiers de ce dont nous avons besoin sur base annuelle. »

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Au total, plus de 2600 ménages européens dans 11 Etats membres recevront un subside de 8.000 euros pour l’achat d’une pile à combustible et le contrôle des résultats.

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Euhm… une pile à combustible ?

D’abord, une brève introduction. Toute l’installation se compose de deux appareils : une chaudière à haut rendement classique, au gaz, et la pile à combustion proprement dite. La pile à combustible reçoit le gaz via la chaudière et effectue une séparation de l’hydrogène et du CO2. L’hydrogène réagit avec l’oxygène en produisant tant de l’électricité que de la chaleur (pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire).

Les deux unités sont reliées par un échangeur de chaleur. De cette manière, la chaleur résiduelle de la pile à combustible se retrouve dans le réservoir de la chaudière gaz. 

« Nous avions presque acheté des panneaux solaires »

Il y a quelques années, Ben Van Mierloo, informaticien et père de deux enfants, a acheté une maison ayant vingt ans avec sa femme. « Le chauffage était au mazout, mais la bonne isolation réduisait les coûts de chauffage. »

Cela s’est bien passé durant des années. Mais, mi-2017, Ben a trouvé qu’il était temps d’agir. « Les prix de l’énergie crevaient les plafonds. Nous devions chercher des alternatives. Malgré nos décomptes, nous n’avions pas prévu de remplacer une chaudière qui, au demeurant, fonctionnait bien. Raison pour laquelle nous avons commencé par envisager des panneaux solaires. »

Les choses semblaient s’installer. Du moins jusqu’à ce qu’un revendeur local l’informe de la pile à combustible. Après analyse, cela nous a semblé être la meilleure solution à long terme. Nous chauffons avec des radiateurs. Si, plus tard, nous souhaitons vivre sous le principe du zéro énergie, nous pourrions combiner panneaux solaires et pompe à chaleur. Mais nous devrions alors investir dans un nouveau chauffage central. Plutôt coûteux. Avec la pile à combustible, nous devons simplement remplacer la chaudière existante et sommes en mesure de produire immédiatement notre propre électricité. »

Un soutien de 8.000 euros

En outre, Ben a bénéficié d’un soutien financier de l’Europe. Un projet pilote européen du nom de PACE court jusqu’en mars 2021. Au total, plus de 2600 ménages dans 11 Etats membres recevront un subside de 8.000 euros pour l’achat d’une pile à combustible et le contrôle des résultats. Cette réduction est valable sur le prix d’achat, mais aussi sur les coûts d’installation. Une manière pour l’Europe de vérifier si la pile à combustible peut jouer un rôle significatif dans ses objectifs énergétiques, notamment en matière de diminution des émissions de CO2.

Des acteurs connus comme Viesqmann, Vaillant et Bosch participent au projet. La période de subside s’étend jusque mars 2019. Christophe Van Den Eynde de Viessmann : « Nous espérons, à cette date, avoir installé 200 piles à combustible dans notre pays. » 

“Nous attendons 0 euro de coûts d'électricité”

La pile à combustible fonctionne depuis octobre chez les Van Mierloo. Jusqu’ici, tout se déroule comme prévu. « Pour le moment, c’est l’hiver et la pile tourne à plein régime. En un peu plus de trois mois, le système a déjà produit entre 1.500 et 2.000 kWh d’électricité, un tiers de ce dont nous avons besoin sur base annuelle (4.200 à 4.500 kWh). Promesse tenue ! »

« Certes, nous consommons 23% de gaz en plus qu’avant, parce que cela permet au dispositif de fonctionner. Mais le gain de la nouvelle chaudière par rapport à l’ancienne est d’environ 20%. En fin de compte, nous prévoyons une consommation nul en termes de puissance tout en obtenant la même chaleur qu’auparavant. »

Ben a calculé son retour sur investissement en dix ans. « Des panneaux solaires et une nouvelle installation de chauffage m’auraient coûté bien plus cher. L’installation d’une pile à combustible coûte initialement 23.000 euros. Après subsides, il en reste donc 15.000. Par ailleurs, j’ai droit à des certificats de cogénération représentant environ 160 euros par an. Cela compense des coûts d’entretien un peu plus élevés : en moyenne 350 euros, soit 100 euros de plus qu’avec notre ancienne chaudière au mazout. En théorie, l’installation a une durée de vie de 20 ans. J’en déduis un bénéfice durant dix ans ! »

« Pas entièrement indépendant du réseau »

Tout comme avec des panneaux solaires, vous n’êtes pas totalement indépendant du réseau d’électricité. « Vos panneaux présentent une puissance de 5.000 Wc, mais vous ne pouvez utiliser ce courant que lorsque le soleil brille. La pile à combustible présente une capacité de crête de 750 Wc, soit environ cinq à six fois moins.»

« Vous atteindrez ce niveau, par exemple, lors de l’utilisation d‘une table à induction, d’un four ou d’une machine à laver. Toutefois, la pile à combustible fournit cette puissance plus faible sur une plus longue période (maximum 22 heures par jour). Mais dans les deux cas, vous devez toujours faire appel à de l’électricité du réseau. 

Pour qui, oui et pour qui, non ?

Pour résumer, Ben estime que la pile à combustible est une bonne solution lorsque vous répondez à trois conditions :

  • « Votre consommation doit être assez élevée. Au moins entre 3.500 et 4.500 kWh. Sinon, vous produisez trop et les coûts supplémentaires n’ont pas de sens. »
  • « Vous voulez réduire vos coûts énergétiques. »
  • « Votre chaudière existante doit de toute manière être remplacée. » 

« Quelques dysfonctionnements, mais certainement à conseiller »

Actuellement, l’Europe analyse toujours les premiers résultats. Mais le système est-il déjà pleinement opérationnel ? Pas tout à fait si l’on en croit Ben. « Un exemple : si le réservoir atteint son niveau de chaleur maximal, la pile à combustible s’arrête. En effet, elle ne peut se débarrasser de sa chaleur. Le système va donc se mettre en veille jusqu’au lendemain. En hiver, ce n’est pas un problème puisque vous chauffez beaucoup. C’est plus problématique en été. Cela a aussi un impact sur la production d’électricité. »

« Le système comprend un gestionnaire d’énergie intégré qui adapte continuellement le système. Le système doit aussi faire de l’auto-apprentissage. J’attends de voir avec impatience dans les semaines et les mois à venir. »

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