Augmentation du nombre de cuves de récupération des eaux de pluie à large volume

Le changement climatique est une réalité. Les périodes de sécheresse et les précipitations intenses sont de plus en plus fréquentes. Mars et avril ont été des mois secs. Résultat : de nombreuses cuves de récupération des eaux de pluie sont vides aujourd’hui. Avant même le début de l’été ! Alors, faut-il investir dans des cuves à large volume ? Livios a posé la question à Griet Verbeeck de l’Université de Hasselt.

Nous devons faire face à une multiplication des périodes de sécheresse à cause du réchauffement climatique. Cette année, la sécheresse est à l’avance. Le site météo IRM n’a enregistré que quatre jours de précipitations en mars, et huit en avril. Alors qu’on attend à cette période environ 100 millimètres de pluie, cette année, ce niveau est inférieur à 40 millimètres. Et cela se voit dans le fond de nos cuves.

Remise à niveau

Selon Griet Verbeeck, responsable du groupe de recherche sur la durabilité à la Faculté d’Architecture et d’Art de l’Université de Hasselt, des cuves de récupération des eaux pluviales plus grandes sont donc nécessaires. « Nous devons être capable de faire tampon pour optimiser le remplissage lors des passages de précipitations extrêmes, tout en évitant de devoir combler le niveau au moment des périodes de sécheresse qui se rallongent de plus en plus », dit-elle. « Les architectes d’aujourd’hui se basent souvent sur des niveaux de précipitations qui sont à présent dépassés. »

C’est pourquoi elle recommande vivement à ses étudiants d’inclure de base une cuve de récupération avec une capacité de 10000 litres dans leurs conceptions. Selon elle, ce conseil vaut aussi pour les personnes qui projettent de bâtir. « Optez directement pour une cuve de 10000 litres, au lieu d’attendre un modèle de 5000 litres. » Cela est forcément plus complexe dans un projet de rénovation, mais un récupérateur d’eau plus grand reste un investissement judicieux pour l’avenir.

Coût

Quel impact une cuve plus volumineuse a sur votre budget ? « Pour une cuve en béton de 5000 litres, il faut compter en moyenne 1000 euros actuellement. Si vous souhaitez le modèle de 10000 litres, c’est plutôt 1450 euros. Il existe également une catégorie intermédiaire de 7500 litres, dont le prix moyen est de 1250 euros », explique Philippe Courcelle, consultant en gestion décentralisée de l’eau chez GEP Watermanagement à Harelbeke. Les prix sont hors TVA et transport, y compris l’augmentation de la cuve et de son couvercle.

« L’économie de l’eau commence par une utilisation durable de l’eau », souligne Griet Verbeeck. Par exemple, avec des robinets ou des pommes de douche économiseurs. Selon elle, la réutilisation des eaux dites grises, des eaux usées légèrement contaminées à usage domestique, se produira de plus en plus. Avec son propre système de filtration, les eaux grises peuvent être utilisées pour les toilettes, la lessive ou l’arrosage du jardin.

Perméabilité des sols

Problématique tout aussi majeure que la sécheresse et la baisse rapide du niveau dans les cuves de récupération : les revêtements durs. Il y a trop de béton autour de nos habitations et dans nos rues. Griet Verbeeck: «Un revêtement perméable est profitable aux infiltrations des eaux de pluie et permet également de réduire les pics de chaleur : votre maison sera plus fraiche en été. Sans oublier qu’il évite également l’évaporation des eaux souterraines. »

Selon Griet Verbeeck, si nous choisissons un revêtement dur, nous ne le faisons souvent pas de manière intelligente. « Les pavés laissent à peine passer l’eau. Des alternatives existent. » Les carreaux perméables à l’eau, tels que les carreaux d’herbe, en sont un exemple parfait.

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