livios logo

Jeroen mesure l’étanchéité à l’air chez Gerry, rédacteur Livios

DIEPENBEEK – 29 mars 2018, 8h30 : Jeroen Loix, du bureau d’études X-ECO, frappe à notre porte. Un reportage dans notre maison ? Pourquoi pas ? Il y a presque six mois, notre famille et moi avons déménagé dans notre nouvelle maison. Jeroen vient aujourd’hui contrôler l’étanchéité à l’air de notre maison via un test d’infiltrométrie. Et comme je suis un rédacteur curieux, je participe à l’inspection.

Jeroen Loix de bureau d'études X-ECO prépare tout pour l'infiltrométrie.

Photo Livios
  

 

“Bien isoler n’est pas une garantie”

Bien que le test d’infiltrométrie, aussi appelé de soufflerie, ne soit pas obligatoire, vous pouvez, par une bonne étanchéité à l’air, gagner des points sur votre niveau E. Pour nous, ce test n’était pas un must en termes d’exigences au PEB. Pour certaines familles, le test d’infiltrométrie peut faire la différence.

Jeroen tord immédiatement le cou à un malentendu : « un logement bien isolé n’est pas nécessairement un logement hermétique. Et vice-versa… Vous ne pouvez isoler efficacement votre maison que si celle-ci est suffisamment étanche à l’air. 

Comment fonctionne un test d’infiltrométrie ?

« Plus votre maison est étanche et moins vous risquez les pertes de chaleur. Vous avez par conséquent besoin de moins d’énergie. Vous risquez moins de condensation et votre maison est mieux isolée acoustiquement. » Mais comment fonctionne réellement le test ? « Le test d’infiltrométrie détecte les plus petits trous et les espaces par lesquels l’air s’échappe » explique Jeroen. « Le test simule un vent de 5 beauforts à l’extérieur et mesure la quantité d’air qui entre. »

Le résultat final est une valeur v50, un chiffre entre 0 et 12. Cette valeur est obtenue en divisant le débit de fuite (la quantité d’air en m³ qui s’échappe de votre maison par heure) par la surface de perte (tout ce qui avoisine les surfaces non chauffées comme le toit, les sols, les murs extérieurs, etc.). Plus basse est la valeur v50 meilleur est votre score d’étanchéité. Les points les plus critiques dans une maison sont la cave, le garage et le grenier. Ils ont un impact important sur le résultat. 

« Le test d’infiltrométrie détecte les plus petits trous et les espaces par lesquels l’air s’échappe » explique Jeroen.

Photo Livios
  

« Le test d’infiltrométrie détecte les plus petits trous et les espaces par lesquels l’air s’échappe » explique Jeroen.

Photo Livios
  

Un grand ventilateur dans l’ouverture de la porte génère le flux d’air nécessaire.

Photo Livios
  

Un grand ventilateur dans l’ouverture de la porte génère le flux d’air nécessaire.

Photo Livios
  

Le logiciel de contrôle mesure tout et calculera le résultat définitif.

Photo Livios
  

Le logiciel de contrôle mesure tout et calculera le résultat définitif.

Photo Livios
  

 

Un tour de la maison

Après la mise en place de l’installation – un grand ventilateur dans l’ouverture de la porte génère le flux d’air nécessaire – Jeroen m’emmène faire un tour de contrôle lorsque le logiciel de contrôle est prêt. Dans chaque pièce, il se dirige vers les fuites d’air potentielles. Nous commençons par les endroits cruciaux.

Le grenier

Pour l’instant, nous utilisons notre grenier comme espace de rangement. Aucune finition n’est présente sur les murs et les sols. Nous avons installé nous-mêmes l’isolation du toit et le pare-vapeur. « La plupart des fuites apparaissent dans le plancher du grenier. Surtout si l’espace n’est pas terminé » explique Jeroen Loix.

« Les points critiques sont le pare-vapeur et les murs du grenier en contact avec l’air extérieur. C’est d’autant plus vrai si le pare-vapeur n’est pas installé comme il se doit. Nous ne commencerons pas à mesurer parce que cela aura un effet négatif sur les résultats. » Nous sommes curieux de savoir si nos efforts seront récompensés. L’analyse de Jeroen :

  • « Le pare-vapeur est étanche et – comme il se doit – il est collé avec du mastic d’étanchéité contre le mur. Point négatif : le pare-vapeur ne va pas toujours jusqu’au sol et s’arrête parfois en bas des chevrons. En plus, le pare-vapeur n'est pas collé contre le sol. Par conséquent, l’air peut encore quitter la maison sous le pare-vapeur, à travers l’isolation. »
  • « Les murs du grenier ne sont pas encore couverts de plâtre ou de plaques de plâtre étanches à l’air. De plus, les blocs de construction ont été collés. Conséquence : les joints sont ouverts et donc moins étanches à l’air qu’avec une brique maçonnée. Durant le test, une grande partie de l’air s’est échappé par les fissures présentes dans l’isolation des murs extérieurs.

Conseils à votre intention : 

  • Recouvrez avec le pare-vapeur au moins 10 cm de tous les joints entre les murs et le sol. Collez le pare-vapeur avec précision. Pour cela, utilisez un mastic de couleur vive. Vous pourrez ainsi voir si la colle est en contact avec la surface partout.
  • Fixez votre pare-vapeur à suffisamment d’endroits. Si la distance entre les agrafes est trop grande, il pourrait se détacher pendant le test de par la pression générée.
  • Vous avez une maison construite avec des blocs collés et vous n’avez pas l’intention de finir immédiatement votre grenier ? Scellez les plus grands espaces, par exemple, avec du PUR. 

Les points critiques sont le pare-vapeur et les murs du grenier en contact avec l’air extérieur.

Photo Livios
  

Collez le pare-vapeur avec précision. Pour cela, utilisez un mastic de couleur vive.

Photo Livios
  

Point négatif : le pare-vapeur n'est pas collé contre le sol.

Photo Livios
  

Les blocs de construction ont été collés. Conséquence : les joints sont ouverts.

Photo Livios
  

Fixez votre pare-vapeur à suffisamment d’endroits.

Photo Livios
  

 

Les chambres

Nous avons opté pour des volets dans les trois chambres. Un choix moins évident, comme nous l’a prouvé le test. « C’est vrai… les caissons des volets sont rarement étanches à l’air » souligne Jeroen. Son verdict :

  • « Ici, les volets sont bien étanches à l’air. Ils ont été finis avec un kit de silicone. Le raccordement aux fenêtres a été correctement traité. »
  • « Les joints avec les appuis de fenêtre ont été aussi bien travaillés. »
  • « Vous avez choisi de poser des appuis de fenêtre provisoire en MDF. Heureusement. Si cela n’avait pas été le cas, le bloc de construction serait toujours visible. Et le test n’aurait pas eu de sens. L’air aurait été aspiré le long de la cavité. C’est négatif pour la mesure. »
  • « Les prises et autres interrupteurs laissent toujours passer l’air. Il n’y a pas grand-chose à faire à ce sujet sinon d’accorder une attention particulière à la bonne étanchéité avec du PUR ou du mortier lors de l’installation des boîtiers internes. Cela a un impact minimal sur le résultat final. »

Conseils à votre intention : 

  • La présence d’appuis de fenêtre est cruciale pour mesurer l’étanchéité de l’air. Fermez avec précision le joint entre l’appui de fenêtre et la fenêtre avec du mastic silicone.
  • Idem pour les joints d’étanchéité entre les menuiseries extérieures et les plaques de plâtre ou le plafonnage. Cela se fera avec du mastic silicone.
  • Votre caisson de volet est en MDF ? Finissez-en les joints avec du mastic silicone. 

Jeroen mesure les irrégularités de température.

Photo Livios
  

Jeroen mesure les irrégularités de température.

Photo Livios
  

« Ici, les volets sont bien étanches à l’air. Ils ont été finis avec un kit de silicone. »

Photo Livios
  

« Les joints avec les appuis de fenêtre ont été aussi bien travaillés. »

Photo Livios
  

« Les joints avec les appuis de fenêtre ont été aussi bien travaillés. »

Photo Livios
  

 

La salle de bains

Mis à part quelques petits points, Jeroen n’a pas de remarques ici.

  • « Dans certains endroits autour de la fenêtre, le silicone n’est pas appliqué avec précision. Vous sentez l’air entrer rien qu’en plaçant la main devant le joint. »
  • « La paroi du boîtier technique n’est pas recouverte de plâtre. Ici, cela ne pose pas de problème parce que le boîtier n’est pas contre un mur extérieur. Si cela avait été le cas, cela aurait eu un impact sur l’étanchéité à l’air. En tant que constructeur, il est préférable de plâtrer tous les murs en une seule fois. Ces quelques mètres carrés n’auront pas un surcoût important. »

Mis à part quelques petits points, Jeroen n’a pas de remarques ici.

Photo Livios
  

Mis à part quelques petits points, Jeroen n’a pas de remarques ici.

Photo Livios
  

« Dans certains endroits autour de la fenêtre, le silicone n’est pas appliqué avec précision. »

Photo Livios
  

La paroi du boîtier technique n’est pas recouverte de plâtre. Ici, cela ne pose pas de problème parce que le boîtier n’est pas contre un mur extérieur.

Photo Livios
  

 

Le rez-de-chaussée

Enfin, Jeroen contrôle la cuisine, le salon, le hall et le débarras au rez-de-chaussée. Il accorde une attention particulière aux portes extérieures, aux fenêtres et aux plinthes :

  • « On remarque immédiatement un certain nombre de points moins étanches comme les joints avec les poutres en bois et les murs. Ou au niveau du pilier, dans l’angle, qui disparaît dans le plafonnage. »
  • « Le côté positif est que les plinthes sont déjà posées. Le moins : elles ne sont pas scellées avec du mastic silicone. Il faut toujours sceller les joints entre la plinthe sur le mur et le sol. »
  • « Une fois encore, les joints entre les menuiseries extérieures et le plafonnage ont une grande importance. Si vous avez effectué un plafonnage humide jusqu’à la fenêtre, vous devrez refaire les joints après un certain temps, car des fissures peuvent apparaître. Celles-ci ne seront bien évidemment pas pleinement étanches à l’air. »
  • « Enfin, il y a les différents conduits énergétiques – différentes ouvertures – qui pénètrent dans la pièce technique depuis le sol. C’est là que les arrivées venant de différents fournisseurs entrent en jeu. Une note positive : les ouvertures au sol, autour des tuyaux, ont été aspergées de PUR. Si nécessaire, vous pouvez aussi remplir les ouvertures autour des tuyaux avec de la laine isolante. »

On remarque immédiatement un certain nombre de points moins étanches comme les joints avec les poutres en bois et les murs...

Photo Livios
  

On remarque immédiatement un certain nombre de points moins étanches comme les joints avec les poutres en bois et les murs...

Photo Livios
  

... ou au niveau du pilier, dans l’angle, qui disparaît dans le plafonnage.

Photo Livios
  

... ou au niveau du pilier, dans l’angle, qui disparaît dans le plafonnage.

Photo Livios
  

Il faut toujours sceller les joints entre la plinthe sur le mur et le sol.

Photo Livios
  

Vous pouvez remplir les ouvertures autour des tuyaux pour l"eau et l'électricité avec de la laine isolante.

Photo Livios
  

 

Le verdict

Le test d’infiltrométrie a enregistré un débit de 2,525 m³. Ce chiffre est divisé par la superficie totale des pertes. Nous arrivons donc à une valeur V50 ou score d’étanchéité à l’air de 3,77. Selon notre expert, ce n’est pas un mauvais résultat : « d’autant plus que le grenier présente encore des fuites d’air. Un score entre 3 et 6 est de plus acceptable pour une nouvelle construction avec un toit en pente. À titre de comparaison, pour une ossature bois, ce rapport est de 0,5 à 1. »

« Pour les maisons passives, la valeur n50 (le débit d’air est divisé par le volume de la maison) est utilisée. La norme pour le passif se situe à 0,6. Pour une maison traditionnelle en briques, nous visons une valeur n50 de 1,5. Dans votre maison, la valeur 2,88 serait idéale. Cela indique qu’il y a encore des fuites en certains endroits malgré que la valeur v50 était bonne. »

Et en ce qui nous concerne ? En comparaison avec le rapport préliminaire du certificateur PEB présentant une valeur v50 de 6, nous avons sans doute réalisé un gain de deux ou trois points sur le niveau E. et cela aurait pu être mieux si nous avions mieux effectué les finitions du pare-vapeur du toit. Dans l’ensemble, nous sommes satisfaits de ce résultat.

Le test d’infiltrométrie a enregistré un débit de 2,525 m³. Nous arrivons donc à une valeur V50 ou score d’étanchéité à l’air de 3,77.

Photo Livios
  

 

Points d’attention généraux

Enfin, Jeroen mentionne un certain nombre d’obstacles apparaissant généralement lors d’un test d’infiltrométrie.

  • Les fenêtres de toit et autres fenêtres basculantes sont souvent un point faible. Une attention particulière sera portée à l’étanchéité de l’air.
    • Appliquez du ruban adhésif étanche à l’air sur les joints de fixation du bois; 

    • Prévoyez un appui de fenêtre pour fermer la connexion avec le mur. Si ce n’est pas le cas, vous serez confronté à d’importantes fuites d’air.

  • La finition parfaite du pare-vapeur :
    • Collez le pare-vapeur contre le sol, la façade ou l’entre-mur;

    • Étanchéifiez toutes les entrées d’air (ventilation, ventilation du chauffage central, tuyauteries pour les panneaux solaires…);

    • Fixez le pare-vapeur avec suffisamment d’agrafes.
  • Une cave se traduit souvent par une étanchéité à l’air plus faible en raison de la présence d’une porte de cave, d’un passage de canalisation ou même d’un ancien puits.
    • Appliquez de l’isolant sur la porte et une brosse pour étanchéifier le dessous de celle-ci;

    • Fermez complètement le passage des tuyaux avec de la laine isolante ou de la mousse PUR pulvérisée. Une autre option est de créer une gaine technique montant vers tous les étages. Une combinaison des deux est encore plus efficace.

    • Une chambre de visite peut vous fournir un cadre d’étanchéité.

  • N’oubliez pas le garage. Une porte n’est jamais étanche à l’air (et ne doit pas l’être pour permettre aux gaz d’échappement de s’échapper. En finissant correctement le cadre en métal, vous pouvez améliorer l’étanchéité à l’air.
  • Vous habitez une maison fermée ? La surface de perte sera beaucoup plus petite (puisque vous êtes entre deux maisons chauffées) et vous avez une marge d’erreur moindre en termes d’étanchéité à l’air. »

https://www.livios.be/fr/info-construction/techniques/ventilation/placement-et-entretien-de-ventilation/jeroen-mesure-letancheite-a-lair-chez-gerry-redacteur-livios/