Vous venez de signer un devis, vous êtes sur le point de (re)construire ou vous êtes déjà en plein chantier ? Les prix des matériaux de construction, qui venaient tout juste de se stabiliser, subissent une forte pression. En raison de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, pas moins de 89 % des entreprises de construction belges s’attendent à de nouvelles hausses de prix. La question cruciale pour votre portefeuille : votre entrepreneur peut-il répercuter ces coûts supplémentaires sur votre facture ?
Pourquoi le ciment et la brique redeviennent plus chers
Aujourd’hui, il est devenu impossible de comparer de devis actuel avec un autre datant d’il y a peine trois mois. Même si les prix des matériaux s’étaient stabilisés (tout en restant bien au-dessus des niveaux d'avant-Covid), nous commençons à ressentir les effets de la situation géopolitique. Les matériaux dont la production est énergivore, comme le ciment et la brique, verront leurs prix augmenter dans les mois à venir.
Les chiffres clés : ce qui augmente et ce qui baisse
Selon une étude récente d’Embuild, comparant les prix de début 2022 à ceux de début 2025, les tarifs du sable, du gravier, de la brique et du ciment ont explosé. Le sable et le gravier sont devenus 28 % plus chers, la brique 26 % et le ciment a bondi de 36 %.
En revanche, d’autres matériaux ont vu leurs prix baisser : l’acier a chuté de 17 %, le bois de 27 %, et les métaux non ferreux (aluminium, cuivre, zinc et plomb) ont diminué de 15 %. Le "grand gagnant" reste le plastique, dont le prix a fondu d’un tiers.
Plus de prix fixes pour le PVC
Actuellement, les prix du plastique (des tuyaux en PVC pour votre installation sanitaire à l’isolation en PUR) sont soumis à la volatilité du prix du pétrole. « La plupart des grossistes en tuyaux PVC ne peuvent plus garantir de prix fixe aujourd’hui. Ils ont même retiré les tarifs de leurs catalogues », explique Olivier Neirynck, directeur de Plastiwin (le cluster de l’industrie plastique en Wallonie), à La Capitale.
9 entreprises de construction sur 10 prévoient des hausses
Le conflit au Moyen-Orient risque donc de faire grimper à nouveau les factures sur les chantiers belges. Les entreprises de construction et d’installation le ressentent déjà. Selon une enquête d’Embuild, 9 professionnels sur 10 redoutent des hausses dans les semaines à venir :
- 35 % s’attendent à une hausse de 1 à 10 % ;
- 39 % prévoient entre 11 et 20 % ;
- 26 % redoutent une augmentation de 20 % ou plus.
Plus marquant encore : 1 entreprise sur 4 a l’intention de répercuter directement ces coûts sur le maître d'ouvrage (le client).
Votre entrepreneur peut-il augmenter le prix sans préavis ?
Faut-il alors rapidement demander des devis pour vos travaux prévus afin de devancer ces hausses ?Accélérer votre projet ne peut pas faire de mal. Selon Olivier Neirynck, l'impact sur le PVC et d'autres matériaux devrait se faire sentir dans un délai d'un mois maximum.
Et pour les projets en cours ? Un entrepreneur ou un installateur ne peut pas modifier le prix convenu de manière unilatérale sans préavis. Cela n’est possible que si une clause de révision des prix est explicitement prévue dans le contrat. Si cette clause existe, l’entreprise peut adapter le montant en fonction de l’évolution du coût des matériaux. Dans le cas contraire, le prix initial doit être maintenu.
L’astuce d’expert de Livios : Même avec une clause, la hausse est encadrée. Selon la loi belge, la révision ne peut s'appliquer qu'à un maximum de 80 % du prix final. Les 20 % restants doivent obligatoirement rester fixes.
Retards imminents sur les chantiers
Outre l'aspect financier, l’approvisionnement pourrait également poser problème. Plus de la moitié des entreprises de construction craignent des difficultés de livraison. Cela pourrait entraîner des retards et, par conséquent, une remise des clés tardive. Anticipez ce risque, surtout si vous devez vendre votre logement actuel ou résilier votre bail.
Pas de crainte face aux « tarifs Trump »
Il reste toutefois une note positive : les droits d’importation en provenance des États-Unis ne devraient pas impacter le secteur. « Notre secteur n'importe qu'un quart des matériaux de gros œuvre de l'étranger, et la grande majorité provient de l'Union européenne. Nous n'importons pratiquement rien des États-Unis », rassure Niko Demeester (CEO d'Embuild).

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