Depuis l’interdiction des herbicides chimiques, lutter contre les mauvaises herbes dans sa pelouse semble devenu mission impossible. Pourtant, selon l’expert en espaces verts Marc Verachtert, il existe une solution simple et astucieuse pour gagner du temps et faire des économies : la pelouse fleurie. En cessant de combattre la végétation spontanée pour mieux l’accueillir, vous obtenez un gazon facile à entretenir, plus résistant à la sécheresse et bénéfique pour la biodiversité. Nous vous expliquons comment transformer, dès ce printemps, votre pelouse traditionnelle en un espace fleuri et vivant… et reléguer enfin la tondeuse au placard.
Ni tonte ni mulching
Comment transformer votre gazon en pelouse de fleurs ou d’herbes ? Premièrement, oubliez les engrais car ils renforcent surtout le gazon. La majorité des herbes préfèrent un sol assez pauvre. Une tonte régulière n’est également plus nécessaire. Les herbes se développent facilement mais elles ne risquent pas de prendre racine sur un gazon trop bien entretenu. Elles ont également tendance à prendre rapidement de la hauteur pour échapper à la tonte. Inutile aussi de passer la tondeuse mulcheuse, car cela aurait un effet de fertilisation. Le robot-tondeuse peut être débranché également car il laisse également du mulching sur son passage et tond beaucoup trop court pour une belle pelouse fleurie.
Entre 4 et 15 cm de haut
Votre gazon finira par se transformer progressivement en une véritable pelouse de fleurs ou d’herbes. À ne pas confondre avec une prairie fleurie, qui n’a besoin que deux tontes par an et qui peut atteindre jusqu’à 40 cm de haut. L’objectif ici est de viser une végétation entre 4 et 15 cm de hauteur pour y marcher, jouer ou vous allonger selon vos envies. Et bien sûr, vous pouvez toujours la raccourcir si ça vous dit.
Un processus de plusieurs années
Le développement d’une pelouse colorée nécessite plusieurs années. Si vous souhaitez accélérer le processus, voici les étapes à réaliser : découper et lever des mottes de gazon, couper et retirer tout trace d’herbe, meubler le sol et semer un mélange adapté. Pour simplifier encore plus le travail, vous pouvez également scarifier votre gazon, en passant dans tous les sens. Vous retirez ainsi tout le feutrage et les résidus de tonte et aérez le terrain pour qu’il y ait suffisamment d’espace pour un semis avec un mélange d’herbes mélangé avec un peu de sable. Vient ensuite l’étape de l’arrosage pour que les graines se mettent en position de germination, en ras de sol. Par temps sec, il faudra arroser à nouveau votre terrain au bout de trois, six et neuf jours. Après cette période, cela ne sera plus nécessaire car vos semis auront développés des racines pour capter directement l’humidité du sol. Enfin, laissez le temps faire le travail et attendez une hauteur de quinze cm avant de tondre pour la première fois. Puis, tondez quand cela vous convient.
Une diversité de mélanges
Les mélanges de graines d’herbes sauvages sont à disposition dans les jardineries, mais la plupart sont destinés aux champs et aux prairies de fleurs. Pour les pelouses de fleurs et d’herbes à faible croissance, optez pour des mélanges dédiés. Tous comptent environ dix, parfois même presque vingt herbes différentes pour une floraison riche et une contribution à la biodiversité. Marguerites, crépis, bec-de-grue communs, lotiers, brunelles, et trèfles de toute sorte donnent le ton. Les tarifs des mélanges sont très variés. La différence de prix se joue dans la quantité de graines par rapport à la masse totale. Autre option : créez votre propre mélange. Associez des graines à base de fleurs basses ou de fleurs locales. Et pour l’étape du semis, la meilleure période est identique à celle du gazon : au printemps et en fin d’été.








