Nous vivons sur Bruxelles un paradoxe : la demande de logements sociaux est de plus en plus forte et pourtant de nombreux logements sont vides. Une ASBL, Communa, tente de faire correspondre offre et demande.
Le constat est sévère : il y aurait sur Bruxelles entre 15.000 et 30.000 logements inoccupés. Une aberration lorsqu’on sait que 45.000 ménages sont en attente d’un logement sur le même territoire. Communa propose donc aux propriétaires d’occuper lesdits logements le temps que ceux-ci rencontrent une nouvelle affectation.
Pas un ‘squat’…
C’est tout le côté intéressant du projet : il ne s’agit pas d’investir un immeuble pour l’occuper à la façon d’un squat, mais bien de construire un projet en parfaite entente avec le propriétaire des lieux. Cela permettrait, entre autres atouts, aux propriétaires d’éviter les innombrables dégradations d’un bien inoccupé, mais aussi de ne pas débourser des frais pour un lieu vide. De leur côté, en fonction des biens proposés, Communa s’engage à leur redonner vie tantôt en y installant des familles tantôt en leur adjoignant une activité culturelle ou artistique.
Éviter l’amende
Pour le propriétaire, un autre avantage est d’éviter l’amende qui lui pend au nez. En effet, en Région de Bruxelles-Capitale, un bâtiment vide depuis douze mois constitue une infraction. En collaborant avec Communa, le propriétaire évite donc cette sanction. Mais l’ASBL va plus loin encore puisqu’elle veut profiter de ces opportunités pour permettre à des gens de lancer leur activité, des projets impliquant des réfugiés syriens ont par ailleurs déjà vu le jour.
Une mise à disposition
Le rôle de Communa est de mettre un bien à disposition, de le rénover ou, à tout le moins de le mettre aux normes de sécurité et puis de laisser les choses se faire par elle-même. L’ASBL n’a pas vocation à jouer les gendarmes. Les projets se construisent au départ sur les réseaux sociaux qui n’auront jamais aussi bien porté leur nom.
Les idées fourmillent pour redonner vie à des espaces qui semblent perdus, en attente d’un nouveau projet. Les occupations temporaires, comme les appelle Communa, durent parfois quelques mois, mais il est aussi des projets qui se sont installés pendant plusieurs années, en bonne entente avec les propriétaires qui ont ensuite récupéré leur bien immobilier une fois leur propre projet sur les rails.
Source : Le Soir




