Vous inquiétez-vous aussi de la hausse des prix de l’énergie causée par la crise en Iran ? Bien que de nombreux ménages se tournent actuellement vers un contrat fixe, le conseiller en énergie Niels Detiège avertit qu’il s’agit là d’un traitement des symptômes. « La véritable fuite se trouve dans votre habitation, pas dans votre contrat. »
Les mêmes habitations paient toujours le prix
Avec une seconde crise énergétique en préparation, nous sommes une fois de plus confrontés à la réalité : nous restons trop dépendants des combustibles fossiles. Mais ce ne sont pas seulement les prix de l’énergie qui peuvent durement toucher les ménages, c’est aussi le fait que les habitations en consomment trop.
« Malheureusement, ce sont toujours les mêmes habitations qui sont les plus durement touchées », explique Niels Detiège, conseiller en énergie chez Stebo. « Il s’agit souvent de maisons énergétiquement vétustes avec un mauvais label PEB, d’habitations occupées par des personnes à revenu modeste ou par des locataires qui peuvent difficilement investir eux-mêmes. »
Les familles tombent dans le piège énergétique
Ces habitations présentent généralement les mêmes points faibles. « Il y a souvent une enveloppe du bâtiment défaillante, une isolation insuffisante ou de mauvaise qualité du toit, des murs et des fenêtres, ainsi qu’un système de chauffage vétuste. De nombreuses habitations disposent encore d’anciennes chaudières au gaz ou au mazout, ou se chauffent à l’électricité avec des convecteurs électriques ou un chauffage à accumulation.
Ces systèmes consomment beaucoup d’énergie et sont très sensibles aux variations de prix. Cela conduit certaines familles à tomber dans un véritable piège énergétique. Elles reçoivent des factures élevées, ce qui rend plus difficile le financement d’une rénovation », explique Detiège.
Petites interventions, grande différence
Pourtant, de petites interventions peuvent déjà avoir un impact sur votre facture, votre confort de vie et la valeur de votre habitation. « Je recommande de commencer par des actions simples et relativement peu coûteuses qui peuvent générer une économie structurelle. Pensez à un vieux congélateur plein de glace que vous pouvez remplacer par un modèle économe en énergie. Si vous additionnez toutes ces petites économies, vous arrivez rapidement à plusieurs centaines d’euros par an. Ces économies peuvent ensuite être réinvesties. Vous créez ainsi un cercle vertueux : une consommation plus faible, une facture plus basse et plus de marge pour investir davantage, avec ou sans l’aide de primes. »
« Un contrat fixe est une sorte d’assurance, mais cela reste un traitement symptomatique. Cela ne résout rien structurellement », estime le conseiller en énergie Niels Detiège
Contrat fixe ? « C’est une assurance, pas une solution »
Un contrat fixe semble plus attrayant que jamais. Les ménages qui, la semaine dernière, sont encore passés du variable au fixe bénéficiaient des tarifs d’avant-guerre. Actuellement, de nombreux fournisseurs d’énergie ont augmenté leurs tarifs fixes et supprimé les réductions. Mais un contrat fixe constitue-t-il une bonne protection ? Detiège reste prudent : « Un contrat fixe est une sorte d’assurance, mais cela reste un traitement symptomatique. Cela ne résout rien structurellement. »
Éviter des factures d’énergie allant jusqu’à 15 000 euros
Selon lui, il faut tirer les leçons de la précédente crise énergétique. À l’époque, les gens se sont précipités sur des contrats fixes à des prix de crise très élevés. « Mais lorsque le marché a baissé quelques mois plus tard, ils sont restés bloqués à ces tarifs élevés. J’ai vu beaucoup de détresse, certaines factures atteignant jusqu’à 15 000 euros. »
Si vous envisagez malgré tout un tarif fixe, Detiège conseille de bien suivre les prix unitaires. « Et d’être prêt à agir à nouveau lorsque le marché évolue. De plus, votre facture d’énergie ne se compose pas uniquement du coût du fournisseur, mais aussi des tarifs de réseau et des taxes que vous ne pouvez influencer qu’en consommant moins et en réduisant vos pics de consommation. »
Comment protéger votre habitation contre une crise énergétique ?
Si vous souhaitez réduire votre consommation d’énergie et renforcer durablement votre habitation face aux futures crises énergétiques, il est essentiel de respecter le bon ordre des travaux. « C’est souvent là que ça se passe mal », explique le conseiller. « Les gens savent ce qu’il faut faire, mais pas à quel moment. Partez toujours de l’objectif final », insiste-t-il. « Sachez où vous voulez aller et travaillez en partant de là. Vous éviterez ainsi les doubles coûts, les fameux lock-ins, et les travaux de démolition inutiles. »
L’ordre logique de base :
- Isoler le toit
La chaleur monte. Le toit est la tête de l’habitation. S’il n’est pas en ordre, le problème se répercute sur le reste. - Remplacer les fenêtres
En tenant compte de l’ensoleillement, de la surchauffe et de la protection solaire, comme un toit de terrasse ou des screens pour un refroidissement passif en été. - Isoler les murs creux ou les murs extérieurs
De préférence en coordination avec la menuiserie extérieure afin d’éviter les ponts thermiques.
Et les pompes à chaleur ?
Est-ce le moment idéal pour se passer du gaz ? « Éliminer le gaz du jour au lendemain est irréaliste. Mais il n’est jamais trop tôt pour y réfléchir. Pour la plupart des habitations, la démarche ne commence pas par une pompe à chaleur, mais par une consommation d’énergie réduite, une demande de chaleur plus faible et une enveloppe du bâtiment performante. Si cette base est correcte, la pompe à chaleur devient naturellement plus intéressante et plus abordable. En théorie, toute habitation peut être chauffée à l’électricité, mais la chaîne doit être cohérente. Chaque maillon faible rend l’ensemble plus coûteux. »
Se passer du gaz : pas si simple
De plus, l’écart de prix entre le gaz et l’électricité reste actuellement important. « Il y a un aspect individuel que vous pouvez maîtriser, mais il y a aussi une responsabilité sociétale. Si, en tant que société, nous choisissons de passer à l’électricité, par exemple via l’introduction d’un tax shift, alors il faut que chaque individu ait la possibilité de franchir les étapes nécessaires. Plus chacun devient efficace, plus l’ensemble devient efficace et plus il sera facile de se passer du gaz. »
« Vous ne pouvez pas agir sur le marché de l’énergie et la géopolitique, mais vous pouvez agir sur l’état de votre habitation », dit Detiège
Rendre l’habitation moins dépendante
Pour conclure, Detiège adresse un message clair à ceux qui s’inquiètent de leur facture : « Vous ne pouvez pas agir sur le marché de l’énergie et la géopolitique, mais vous pouvez agir sur l’état de votre habitation. Chaque euro investi dans celle-ci est un euro que vous ne devrez pas verser plus tard à un fournisseur d’énergie. »
Selon lui, la rénovation n’est pas seulement bénéfique pour la facture, mais aussi pour le confort de vie et la valeur du bien. « Les habitations médiocres perdent de la valeur, les bonnes habitations en gagnent. Et vous n’êtes pas seul : vous pouvez faire réaliser un diagnostic énergétique et bénéficier de primes. Tout cela peut aider à construire, étape par étape, une habitation moins dépendante des crises. »

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